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Mort d’un responsable d’un centre pour demandeurs d’asile à Pau : le suspect a reconnu les faits

Policiers devant le centre d’accueil des demandeurs d’asile de Pau dont un responsable a été poignardé, le 19 février 2021.

Placé en garde à vue pour assassinat depuis le vendredi 19 février, l’homme suspecté d’avoir mortellement poignardé un responsable d’un centre d’accueil des demandeurs d’asile (CADA) de Pau a « reconnu les faits et accepte de s’expliquer sur ce qu’il s’est passé », a annoncé samedi la procureure de la République de Pau, Cécile Gensac, lors d’une conférence de presse. Le mis en cause, un Soudanais de 38 ans, arrivé en France en 2015, sera présenté à un juge d’instruction dimanche en vue de sa mise en examen et placé en détention provisoire.

Il s’agit d’un ancien demandeur d’asile pris en charge par ce CADA – géré par la Fondation COS Alexandre Glasberg –, entre 2015, date de son arrivée en France, et 2017. La procureure de la République a détaillé son casier judiciaire. En janvier 2017, le suspect a été condamné, une première fois, à deux ans de prison, pour des violences contre un colocataire du CADA.

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Il sera condamné à six mois de prison supplémentaires, en août 2017, cette fois pour avoir agressé un détenu avec une arme. Il sort de détention en juillet 2018. Aucun problème psychiatrique ne lui a, pour l’heure, été reconnu. Toute intention terroriste est écartée. Il n’était ni signalé ni fiché pour radicalisation.

« Déshérence »

Alors qu’il avait, dans un premier temps, obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire à la suite d’une décision favorable de la Cour nationale du droit d’asile, « l’autorisation provisoire de séjour dont il bénéficiait légalement en sortie de prison, au regard de son statut de protection internationale, lui valait un titre jusqu’au 9 novembre 2020. Sur demande de la préfecture, il était convoqué à deux reprises par l’Ofpra [Office français de protection des réfugiés et apatrides], en vue de la suppression de son statut de protection suite aux condamnations pénales prononcées », a indiqué la procureure.

Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, qui s’est rendu à Pau hier en fin d’après-midi, indiquait que l’homme ne s’était pas présenté à ces rendez-vous, à l’issue desquels il aurait dû recevoir une obligation de quitter le territoire et être expulsé.

Le mis en cause a indiqué avoir voulu rencontrer le chef du pôle asile afin « d’obtenir un papier à l’attention de l’Ofpra »

C’est dans ce contexte que le suspect s’est présenté, pour la troisième fois de la semaine, au CADA de Pau, vendredi, dans la matinée. En garde à vue, il a indiqué avoir voulu rencontrer le chef du pôle asile, un père de famille de 46 ans, afin « d’obtenir un papier à l’attention de l’Ofpra, de permettre son maintien sur le territoire national et de sortir de sa situation matérielle précaire ». « Il évoque la crainte d’avoir dû retourner au Soudan, en raison des guerres locales qui ont valu son déplacement vers l’Europe. Il nourrit des reproches à l’encontre de la structure suite à la déshérence qu’il connaît depuis sa sortie de prison, considérant que sa situation n’a pas été correctement traitée », a précisé Mme Gensac.

A 11 heures, après avoir entendu des cris dans le bureau où les deux hommes discutaient, « les employés sont intervenus pour le maîtriser au niveau des bras et l’ont conduit dans un bureau annexe sans qu’il oppose de résistance à ce moment-là », a indiqué la procureure. Une fois sur place, les forces de l’ordre ont trouvé la victime gisant au sol. Le chef de pôle, touché au thorax par plusieurs coups de couteau, décédera environ une heure plus tard des suites de ses blessures.

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A ce stade, le mis en cause est entendu par les enquêteurs pour assassinat, ce qui suppose que son action était préméditée. « En l’état, cette circonstance se déduit du fait qu’il semble être arrivé armé d’un couteau qu’il n’a pas trouvé sur les lieux. Ceci sera a vérifié dans la suite des investigations », a rapporté la procureure.

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