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Mort du comédien Yves Rénier, le célèbre commissaire Moulin de TF1

Le commissaire Moulin, c’était lui. Pendant près de vingt-cinq ans, Yves Rénier a incarné ce personnage dans la série policière de TF1 qui a souvent atteint des sommets d’audience. Il est mort dans la nuit de vendredi à samedi 24 avril, des suites d’un malaise cardiaque, à son domicile de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), a annoncé son épouse à l’Agence France-Presse. Il avait 78 ans.

Né le 29 septembre 1942 à Berne (Suisse), d’un père français, metteur en scène de théâtre, et d’une mère anglaise, Yves Rénier se tourne, après des études inégales, vers l’art dramatique. Il suit depuis seulement trois mois les cours du comédien Yves Furet, fondateur du Studio d’entraînement de l’acteur, lorsqu’il décroche à 17 ans un rôle dans Les Jours heureux, pièce filmée d’Arnaud Desjardins, diffusée en 1961 sur l’ORTF.

D’un caractère hyperactif –  « je n’ai jamais réussi à tenir un comportement tiède dans la vie  » dit-il à France Soir en 1999 –, il commence une carrière d’acteur et joue dans le film Le Comte de Monte-Cristo, de Claude Autant-Lara, en 1961. Quatre ans plus tard, il se fait connaître du public avec Belphégor ou le Fantôme du Louvre, un feuilleton de Claude Barma, face à Juliette Gréco. Le succès de la série lui permet d’obtenir le rôle qui va lancer sa carrière, celui de Pierre Ribard dans la série Les Globe-trotters, en 1966.

Au début des années 1970, il joue plusieurs fois au théâtre, notamment en 1971 dans Le Misanthrope, de Molière, mis en scène par Antoine Bourseiller. Il enchaîne ensuite les films et quelques séries jusqu’à celle qui va marquer définitivement sa carrière.

Son rôle-phare, il le doit à Commissaire Moulin, série de Paul Andréota diffusée sur TF1, entre 1976 et 2008. C’est un succès. Mais malade, lassé aussi du personnage, il arrête la série en 1982. « A l’époque, [le personnage] était très propre sur lui, explique-t-il alors. Il ne veut pas se servir de son arme. En 1981, je me suis tiré, parce que j’en avais ras-le-bol. Et puis je suis revenu en 1989, parce que Claude de Givray, le patron des fictions de TF1 m’avait dit que les rediffusions des premiers épisodes marchaient bien. Il m’a demandé si je voulais reprendre. J’ai dit oui, mais à condition que je puisse participer à l’écriture et à la mise en scène ».

Il conçoit une dizaine de scénarios et se lance dans la réalisation. Son personnage mute : il passe du costard au perfecto et chevauche des motos. S’inspirant de faits divers, Rénier peut alors aborder des sujets qui lui tiennent à cœur, les bavures policières ou la lutte contre la drogue comme dans « Les Zombies » (1992), un des « Moulin » qu’il préfère.

Ce succès ne l’écarte pas du cinéma où il apparaîtra à plusieurs reprises comme dans Diabolo menthe, de Diane Kurys (1977), Frantic, de Roman Polanski (1988), ou Mortel transfert, de Jean-Jacques Beineix (2000)… En 1986, l’artiste s’essaye brièvement à la chanson avec « P.C.V », inspirée de sa rupture avec l’actrice américaine Goldie Hawn. Il publie la même année son premier roman (Le Parano, Balland) et prête sa voix à différents acteurs étrangers dont Burt Reynolds ou Paul Hogan (Crocodile Dundee en 1986).

Derrière la caméra

Poursuivant sa carrière, il apparaît dans des séries à succès comme Le Dolmen, en 2005, avec Ingrid Chauvin. On le voit encore à plusieurs reprises au cinéma comme dans Trois amis, de Michel Boujenah, en 2007, ou Beur sur la ville, de Djamel Bensalah, en 2011. Il consacre plus de temps à la réalisation à partir des années 2010. Il le justifie en 2019 dans La Voix du Nord : « J’avais envie de ça dès le départ en fait (…). Je ne voulais pas du tout être devant (…) Ce n’était pas mon choix, mais ça a été mon destin ».

Et il réalisera des téléfilms à succès dont, en 2018, Jacqueline Sauvage, c’était lui ou moi, racontant l’histoire de cette mère de famille, victime de violences conjugales, qui finit par tuer son mari. Le film avec Muriel Robin attire 9 millions de téléspectateurs sur TF1. Puis en 2020, l’ex-commissaire Moulin réalise un autre long-métrage pour TF1, La Traque, centré sur le tueur en série Michel Fourniret.

Bon connaisseur de l’univers policier, il a présenté, sur NT1, l’émission « Affaires criminelles », de 2008 à 2011.

Dates

29 septembre 1942 Naissance à Berne (Suisse)

1961 « Le Comte de Monte-Cristo »

1965 « Belphégor ou le Fantôme du Louvre »

1966 « Les Globe-trotters »

1976-2008 « Commissaire Moulin »

2018 « Jacqueline Sauvage, c’était lui ou moi »

2020 « La Traque »

2021 Mort à 78 ans

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