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Médias : les dessous de l’éviction par Arnaud Lagardère du patron d’Hachette Livre

Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livre et de Lagardere Publishing,  dans son bureau, à Vanves (Hauts-de-Seine), le 19 mars.

S’agit-il du début de la prise de pouvoir de Vincent Bolloré chez Lagardère ? Arnaud Lagardère vient en tout cas de livrer une tête à Vivendi, le premier actionnaire de son groupe. Il a démis brutalement de ses fonctions Arnaud Nourry, le PDG d’Hachette Livre depuis 2003, lundi 29 mars. Depuis plusieurs mois, Vivendi, déjà maison mère d’Editis, convoite le premier éditeur français et numéro trois mondial.

Cette éviction surprise intervient après une campagne médiatique inédite, entamée il y a près d’un mois par Arnaud Nourry. Ce patron aussi discret que prudent est sorti de sa réserve pour crier urbi et orbi à quel point il était fondamental de conserver l’intégrité d’Hachette. Il assurait encore dans Le Monde, le 23 mars, qu’« un rapprochement avec Editis n’a aucun sens stratégique » et que « toute idée de démantèlement est à éviter ».

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Sous-entendu, pas question de livrer l’éditeur à Vincent Bolloré. « A force de s’opposer à son actionnaire, s’est-il fait remercier, ou son sort était-il déjà scellé ? Ce qui expliquerait alors qu’il soit autant monté au créneau », se demande un observateur. « Il savait que Bolloré exigeait sa tête comme point numéro un d’un accord », affirme une source du monde des affaires.

« Poison pill »

Le dirigeant a donc pris les devants en envisageant de racheter Hachette Livre en mettant en place un leverage buy-out (rachat avec effet de levier), comme l’a révélé La Lettre A. Selon nos informations, il a été en contact avec plusieurs fonds d’investissement, comme Advent ou CVC. Une alternative à Vincent Bolloré. « C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », assure le banquier d’affaires Jean-Clément Texier, président de la Compagnie financière de communication. Le fait qu’Arnaud Nourry ait écrit à Emmanuel Macron pour l’informer des dangers d’une dislocation d’Hachette Livre sans en parler à son actionnaire n’a rien arrangé…

La défiance entre Vincent Bolloré et Arnaud Nourry, un vétéran d’Hachette où il est entré il y a plus de trente ans, remonte au moins à 2020. A l’époque, Lagardère rêve de racheter l’éditeur américain Simon & Schuster, mais n’en a pas les moyens. Le patron du groupe d’édition fait le tour de la place financière pour trouver un fonds censé l’accompagner. Mais dans ce « deal » encore en gestation, les équipes de Lagardère incluent une clause anti-Vivendi, qui prévoit qu’en cas de changement de contrôle de Lagardère, les fonds nouvellement entrés puissent reprendre Hachette. Chez Vivendi, on vit très mal cette « poison pill » (pilule empoisonnée), vue comme une attaque en sous-main.

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