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Malgré les prévisions optimistes du FMI, l’incertitude paralyse les entreprises françaises

Dimanche 4 avril, Bruno Le Maire ramenait la perspective de croissance française en 2021 de 6 % à 5 %. Mardi 6 avril, le Fonds monétaire international (FMI) se faisait plus optimiste, annonçant plutôt 5,8 %, en hausse par rapport aux 5,5 % encore prévus en janvier. Qui croire ? Entre les deux prévisions, huit dixièmes de point de différence, 48 heures d’écart, et, surtout, la survenue d’un troisième confinement pour l’économie française.

« Il est possible que la détérioration de la situation soit plus forte qu’anticipé pour le mois d’avril, du fait des nouvelles contraintes sanitaires, mais le rebond, par la suite, n’en sera que plus dynamique », remarque également Hélène Baudchon, économiste France chez BNP Paribas, qui maintient sa prévision d’une croissance aux alentours de 6 % en 2021, malgré le reconfinement. « De plus, il nous manque un élément d’information important : c’est le taux de croissance du premier trimestre, qui devrait être légèrement positif. »

Le FMI lui-même reconnaît qu’un « grand degré d’incertitude » entoure ses projections, qui dépendent – et l’économie française ne fait pas exception à cette règle – de la vitesse de la vaccination à l’échelle mondiale et de l’évolution de la pandémie.

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Mais une « incertitude » pour les économistes devient un véritable agent paralysant pour les chefs d’entreprise confrontés à la crise. « On a des raisons objectives d’y croire », reconnaît François Asselin, président de la CPME, qui représente en France les petites et moyennes entreprises. « La croissance est dynamique en Asie, les Etats-Unis bénéficient d’un plan de relance incroyablement massif… Si jamais on a en France une politique vaccinale dynamique, si jamais tout reprend le 15 mai comme annoncé, on peut espérer avoir chez nous aussi une croissance forte et durable. Mais avec des si on mettrait Paris en bouteille… »

« Destructions d’emplois »

Preuve que, sur le terrain, la plus grande prudence reste de mise, la Fédération bancaire française a indiqué, mardi 6 avril, que plus de la moitié des entreprises ayant souscrit un prêt garanti par l’Etat (soit, à date, près de 670 000 entreprises), dont 94 % de TPE, souhaitaient reporter d’un an le remboursement du capital. Pour Elliot Aurissergues, chercheur associé à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), cette incertitude est aujourd’hui l’une des plus grandes menaces qui planent sur la reprise.

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