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Malgré la violence de la crise, Airbus limite la casse

Un Airbus A321 d’Air France au décollage, à l’aéroport de Toulouse-Blagnac, le 18 juin 2020.

L’année 2020 aura finalement été un peu moins mauvaise qu’anticipé pour Airbus. En dépit d’une crise sans précédent, le numéro un mondial de l’aéronautique est parvenu à livrer 566 avions. Un total certes loin du record des 863 appareils de 2019, mais légèrement supérieur aux 550 prévus au printemps, après l’irruption de la pandémie de Covid-19.

A l’époque, l’avionneur européen avait dû se résoudre à réduire sa production de 40 %, en ayant recours, entre autres, au chômage partiel. Si Airbus a un peu amorti le choc de la crise sanitaire sur ses livraisons, il n’a rien pu faire du côté des commandes. En 2020, le solde net s’élève seulement à 268 appareils alors que, un an plus tôt, le groupe en avait enregistré 768, ce qui l’avait conduit sur la plus haute marche du podium devant son grand rival américain, Boeing.

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Chez Airbus, on se refuse à tout pronostic pour 2021. Toujours très précautionneux, le PDG, Guillaume Faury, consent toutefois à se déclarer « raisonnablement optimiste, (…) même si les incertitudes restent élevées à court terme ». Notamment parce que le groupe devrait retrouver « une trésorerie positive », fait savoir Xavier Petrachi, délégué syndical national de la CGT Airbus. Un retour à meilleure fortune lié au record de décembre, avec 89 livraisons, note le syndicaliste.

« Poursuite de la montée en puissance en 2022 et 2023 »

A tel point que l’avionneur européen se prépare à augmenter « plus tôt que prévu » sa production de moyen-courriers – les appareils de la famille A320 –, précise M. Petrachi. Le groupe avait été contraint de ralentir le rythme à 40 appareils par mois, contre 60 avant la crise. M. Faury le confirme à demi-mot : « La production restera stable sur la première partie de l’année, puis nous projetons une légère augmentation des cadences et une poursuite de la montée en puissance en 2022 et 2023. »

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Airbus a d’ailleurs demandé à sa chaîne de fournisseurs de s’organiser en conséquence, selon la CGT, et le groupe pourrait en définitive sabrer moins de postes que prévu dans le cadre du plan de sauvegarde de l’emploi. Au dire de Xavier Petrachi, « un peu moins de la moitié des 4 300 postes devraient être effectivement supprimés », grâce également à la mise en œuvre de l’activité partielle de longue durée et à l’aide financière apportée par le plan de relance.

Pendant qu’Airbus retrouve quelques couleurs, son concurrent Boeing est toujours englué dans la crise, avec, en 2020, seulement 118 livraisons et plus de 1 048 annulations de commandes. Il faut dire que le géant américain n’a pas su tirer profit du développement du transport aérien ces dernières années. Un secteur porté par l’essor des compagnies à bas coût sur le segment du moyen-courrier. Face à Airbus, qui a développé toute une famille d’avions autour de son navire amiral, l’A320neo, Boeing n’a que son 737 MAX à opposer. Or cet appareil a été immobilisé au sol pendant près de vingt et un mois, après deux catastrophes qui ont causé la mort de 346 passagers et membres d’équipage.

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