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Malgré la persistance de la crise, Bercy tente de dessiner la relance

L’année 2021 devait être celle de « l’espoir », annonçait Emmanuel Macron. Elle sera celle du « volontarisme », a plutôt évoqué, mardi 12 janvier, Bruno Le Maire. Le volontarisme est cette « attitude consistant à croire que l’on peut modifier le cours des événements par la seule volonté », nous dit le Larousse. Au risque d’oser la comparaison avec un Nicolas Sarkozy qui prétendait chercher la croissance « avec les dents », le ministre de l’économie et des finances a, lors de ses vœux à la presse, confirmé son ambition de voir l’économie française bondir de 6 % cette année, confessant toutefois qu’il s’agit d’un « défi ». « Le virus a déjoué suffisamment de pronostics pour nous obliger à l’humilité », a-t-il soupiré.

Le locataire de Bercy laisserait-il transparaître un brin de lassitude, voire d’impatience, à se retrouver, à nouveau, englué dans la gestion de la crise quand il ne rêve que de réformes et de relance ? Il y a quelques semaines à peine, ses équipes pensaient, grâce à l’arrivée du vaccin, pouvoir accoler le mot fin à la pandémie de Covid-19 qui a fait plonger le produit intérieur brut (PIB) de plus de 10 % en 2020. Au ministère des finances, on amorçait déjà, non sans soulagement, la conclusion du « quoi qu’il en coûte », ces mesures d’urgence visant à soutenir les secteurs sinistrés par les contraintes sanitaires qui ont fait exploser la dette et le déficit. La commission Arthuis, du nom de son président, l’ancien ministre Jean Arthuis, installée en fin d’année, devait esquisser au printemps 2021 les pistes visant à remettre en bon ordre les finances publiques. Bruno Le Maire, converti en ministre dépensier et protecteur, pourrait s’afficher à nouveau en homme « responsable », selon ses mots.

Augmentation du fonds de solidarité

Las, le démarrage poussif de la campagne de vaccination mêlé à l’arrivée de nouveaux variants du Covid-19, plus contagieux, oblige Bercy à piocher encore un peu plus dans les fonds publics pour accompagner les mesures sanitaires et empêcher l’effondrement des secteurs paralysés. « Nous mettrons l’argent nécessaire », avait déjà assuré Bruno Le Maire lors d’une rencontre avec les membres de l’Institut Montaigne, un think tank d’inspiration libérale, le 7 janvier.

Lire le récit : Les six semaines de flottement qui ont retardé la campagne de vaccination française contre le Covid-19

Le gouvernement devrait ainsi augmenter le fonds de solidarité d’ici à jeudi 14 janvier. Le dispositif, successivement plafonné à 1 500 puis à 10 000 et enfin à 800 000 euros sur quatre mois, offrira bientôt jusqu’à 3 millions d’euros pour indemniser restaurateurs, bars, hôtels, salles de sport ou acteurs de l’événementiel contraints à la fermeture ou directement impactés par les contraintes sanitaires. L’enjeu est d’aider les grosses structures, chaînes de restauration et d’hôtellerie, grossistes, etc., qui avaient jusqu’ici tenu bon. Un délai supplémentaire d’un an – jusqu’en mars 2022 – est aussi envisagé pour rembourser les prêts garantis par l’Etat. Le dispositif massif de chômage partiel sera, lui, maintenu à 100 % « aussi longtemps que nécessaire » pour les entreprises fermées. Bercy assure disposer de crédits suffisants, votés fin décembre dans le projet de loi de finances 2021, pour faire face. « Nous avons anticipé », s’est félicité M. Le Maire, mardi.

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