Actualités

« Maladresse », « mépris de la chose démocratique »… : l’opposition très critique sur le vote par anticipation en 2022

La forme est aussi surprenante que le fond. Alors que le Sénat doit examiner, jeudi 18 février, un projet de loi organique portant sur des adaptations techniques de l’élection du président de la République, le gouvernement a déposé, mardi, un amendement visant à instaurer le vote par anticipation pour l’élection présidentielle. Il est étonnant qu’une disposition de cette nature, qui modifie en profondeur les modalités traditionnelles du scrutin pour ce qui est considéré comme l’élection majeure dans les institutions de la Ve République, soit présentée au détour d’un simple amendement gouvernemental, sans aucune concertation préalable, sans étude d’impact. Alors même que le projet de loi a déjà été débattu et adopté en première lecture à l’Assemblée nationale. Par surcroît, l’amendement, contrairement au texte déposé par le gouvernement, n’aura pas pu être soumis à l’avis du Conseil d’Etat.

Selon l’exposé des motifs de l’amendement, ce vote par anticipation aurait lieu à une date fixée par décret dans la semaine précédant le scrutin. Il serait effectué sur des machines à voter réparties dans des communes dont la liste serait arrêtée par le ministère de l’intérieur, les électeurs souhaitant voter par anticipation pouvant demander à voter dans une autre commune que la leur. Les suffrages recueillis de cette manière seraient dépouillés en même temps que dans les bureaux de vote « de droit commun ». Une mention serait portée sur la liste électorale de la commune d’inscription de l’électeur pour empêcher un double vote.

Lire la tribune : « La France resterait-elle une grande démocratie si elle était incapable d’adapter son système électoral à la pandémie ? »

Si le gouvernement voulait lancer un ballon d’essai, celui-ci risque fort de lui éclater à la figure. Même si l’idée du vote par anticipation, de même que celle du vote électronique, peut avoir ses partisans au-delà de la majorité présidentielle, l’improvisation de cette mesure se retourne contre ses auteurs. La commission des lois du Sénat, convoquée mercredi matin avant l’examen du texte en séance, devait repousser sans équivoque l’amendement du gouvernement.

« Habileté politicienne »

Le président du groupe Les Républicains (LR) du Sénat, Bruno Retailleau, interrogé par Public Sénat, dénonce « une habileté politicienne qui vient finalement tromper le jeu démocratique ». « Le vote anticipé n’est pas du tout dans la tradition républicaine, ni démocratique française », ajoute le sénateur de la Vendée, convaincu que c’est l’Elysée qui est directement à l’origine de cette initiative qui « dénote un mépris profond, en tout cas une légèreté insoutenable vis-à-vis de la chose démocratique ».

Il vous reste 43.59% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

Most Popular

Retrouvez toute l'actualité française et internationale sur France Actus.

© 2020 FRANCE ACTUS - TOUS DROITS RÉSERVÉS

To Top