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L’Iran interdit l’importation de vaccins occidentaux

Le président iranien Hassan Rohani, le 9 janvier à Téhéran.

En Iran, la « résistance » à l’impérialisme s’étend à la lutte contre l’épidémie liée au Covid-19. « Il est interdit d’importer les vaccins fabriqués aux Etats-Unis et au Royaume-Uni », a ordonné, le 8 janvier, le guide suprême iranien, Ali Khamenei. « Si les Américains avaient réussi à produire un vaccin [efficace], cette catastrophe liée au coronavirus n’aurait pas eu lieu dans leur pays où 4 000 personnes sont mortes en une journée, a-t-il déclaré lors d’un discours retransmis en direct à la télévision iranienne, faisant allusion au bilan de la veille aux Etats-Unis. De toute manière, nous n’avons pas confiance [en eux] et de plus, parfois, ces vaccins sont utilisés pour contaminer les peuples. » Ces déclarations, ensuite reprises sur le fil Twitter du Guide, ont été supprimées par ce réseau social, qui a estimé que le Tweet enfreint ses règles.

Sur les réseaux sociaux, les Iraniens ont été nombreux à témoigner leur mécontentement, en dépit des risques qu’ils encourent

Ali Khamenei a ainsi mis un trait sur l’importation en Iran des vaccins Pfizer-BioNTech, Moderna et AstraZeneca-Oxford, lancés ou sur le point de l’être en Europe et aux Etats-Unis. Cela alors que l’Iran reste le pays le plus touché par l’épidémie au Moyen-Orient, avec 56 457 victimes au 13 janvier, selon les statistiques officielles, certainement sous-évaluées.

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Peu après cette annonce, les autorités iraniennes se sont empressées d’afficher leur soutien à la nouvelle consigne. Le Croissant-Rouge iranien a annoncé, le même jour, que l’envoi en Iran de 150 000 doses du vaccin américain Pfizer-BioNTech – un don des Iraniens vivant aux Etats-Unis – était annulé. Des politiciens conservateurs ont évoqué « la guerre biologique » que les Occidentaux entendent mener contre les Iraniens avec leurs vaccins ; d’autres ont applaudi le Guide suprême, en évoquant la puce électronique introduite dans ces produits fabriqués en Occident pour pouvoir tracer les Iraniens. D’autres encore ont agité la menace d’une « modification des gênes iraniens » après l’inoculation des vaccins occidentaux.

Accord avec La Havane

Le champ d’action de l’Iran en matière d’achat de vaccins ne fait que se rétrécir. Les partenariats qu’il noue se conforment à sa ligne anti-impérialiste. Un accord a ainsi été signé avec La Havane, le 8 janvier, pour effectuer en Iran la troisième phase des essais cliniques du vaccin cubain Soberana 02. Le nombre de malades du Covid-19 en Iran offre un plus grand échantillon pour les essais qu’à Cuba, qui reste relativement épargnée par l’épidémie. Selon un rapport du Centre iranien des recherches stratégiques de la présidence, l’Iran est actuellement en négociations avec la Chine dans le but d’importer son vaccin Sinovac, ainsi qu’avec la Russie, pour la production en Iran de son vaccin Spoutnik V.

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