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Ligue 1 : avant le match au sommet face au PSG, Lille entre dans une incertaine « nouvelle ère »

Sur le terrain, Lille, qui célèbre ici un but de Yusuf Yazici face à Monaco, est leader de Ligue 1.

« L’acrobate du financement » a manqué son atterrissage. Et à sa suite, tout Lille est déstabilisé. Le surnom piquant décerné en juin dernier par le président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, à Gérard Lopez semble plus que jamais d’actualité, après que le désormais ex-propriétaire du Lille Olympique Sporting Club (LOSC) a annoncé, vendredi 18 décembre, avoir cédé le club nordiste au fonds d’investissement Merlyn Partners, confirmant une information parue dans L’Equipe.

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Quatre ans après avoir racheté Lille et lancé un ambitieux projet fondé sur le trading de jeunes joueurs talentueux – revendus avec de grosses plus-values –, Gérard Lopez a quitté la présidence des Dogues sans trop avoir le choix. Le fonds d’investissement Elliott Management, qui avait financé son rachat du club – moyennant plusieurs prêts avoisinant les 225 millions d’euros –, a repris la main et placé une nouvelle direction à la tête du club. Estimant que la conjoncture économique n’était pas favorable au redressement des finances du LOSC – au déficit important –, notamment en raison de la pandémie liée au coronavirus et du retrait de Mediapro, Elliott a, comme souvent, forcé la main de son débiteur. Une révolution de palais à quelques jours d’un match crucial pour les Lillois.

On peut être leader de Ligue 1 – supplanté par Lyon après la victoire des Gones samedi face à Nice (4-1) –, qualifié pour les 16es de finale de Ligue Europa en développant un jeu attrayant, et plonger dans l’inconnu. Alors qu’ils pensaient que la préparation du choc de cette fin de première moitié de saison, dimanche 20 décembre, face au Paris-Saint-Germain, allait concentrer tous les regards, les Lillois ont vu l’attention se déporter vers l’administration du LOSC.

« De facto, la fin d’une époque »

« Les raisons [de ce changement de direction], je ne les connais pas », a déclaré Christophe Galtier mercredi, au sortir de la victoire des siens à Dijon (2-0). Le technicien nordiste a dédié sa centième rencontre sur le banc lillois à Gérard Lopez, le président qui était allé le chercher il y a trois ans pour sauver un club alors menacé de relégation, actant « de facto, la fin d’une époque ». Et alors que son équipe carbure au point de figurer désormais parmi les prétendants au titre en Ligue 1, le technicien doit focaliser ses joueurs sur le terrain.

Des joueurs dont la plupart sont arrivés à l’initiative de Luis Campos, l’éminence grise de Gérard Lopez et protagoniste de la stratégie de trading du LOSC, qui a quitté le Nord avec son président. « On a des très bonnes relations avec MM. Gérard Lopez et Campos, a salué le capitaine lillois, José Fonte, samedi en conférence de presse. Mais on connaît tous ce qui se passe dans ce milieu. Il faut l’accepter et continuer à faire notre travail. »

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« Le monde du football, comme les autres secteurs, s’adapte de manière darwinienne à la loi du plus fort, celle de celui qui paie le plus », constatait Gérard Lopez au printemps dernier, dans un entretien au Monde. S’il parlait alors des conséquences de la crise liée au nouveau coronavirus sur le mercato, le néo-ex-patron du LOSC a été poussé vers la sortie de son club par ses bailleurs de fonds, au premier rang desquels se trouve le fonds spéculatif connu pour avoir fait rendre gorge à plusieurs états endettés, de l’Argentine au Congo-Brazzaville.

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L’an passé, le même Lopez avait réfuté les informations du Financial Times selon lesquelles le fonds Elliott était en passe de réitérer la manœuvre l’ayant amené à s’emparer du Milan AC en 2018, après la cession des prêts hypothéqués des actionnaires chinois Yonghong Li et Haixia Capital. Soit accorder un crédit avec « des taux d’intérêt à deux chiffres » à une équipe, qui hypothéquerait ses actifs afin d’en assurer la solvabilité, pour ensuite attendre que cette dernière soit incapable de rembourser et récupérer le club sans frais.

Un habitué du football français désormais aux manettes

Gérard Lopez, lors de sa reprise du club lillois.

Pour l’homme d’affaire hispano-luxembourgeois, le fonds américain avait « financé [le LOSC] pour démarrer un processus d’investissement dans les joueurs, de création de valeur, de vente de certains joueurs, de maintien d’autres pour développer le club ». Depuis, le contexte sanitaire qui prive les clubs de ressources, un mercato ralenti par la crise et l’effondrement du diffuseur Mediapro sont passés par là.

Et 2020 n’est pas 2018, où voyant le LOSC criblé de dettes et menacé de relégation sportive, Gérard Lopez était parvenu à convaincre Elliott Management de réinjecter près de 140 millions d’euros à travers sa holding pour éviter la catastrophe industrielle. Selon les informations de L’Equipe, Lille n’a à l’heure actuelle remboursé que 102 des 225 millions d’euros empruntés au total ; et en un tournemain, le club a changé de mains.

Pour remplacer Gérard Lopez, la holding luxembourgeoise Merlyn Partners, désormais à la tête du club nordiste, a choisi un habitué du football français, Olivier Létang, ancien dirigeant du PSG et de Rennes – et ex-footballeur professionnel. Assurant miser sur la stabilité – au niveau sportif –, celui qui a fait passer un cap au Stade rennais est venu s’entretenir avec les joueurs samedi, à la veille du choc face à Paris, son ancienne écurie. « Il veut faire le mieux possible pour que l’on continue à gagner. C’est facile, chacun à sa place », a soufflé le capitaine José Fonte.

Si leur avenir regorge d’incertitudes, les hommes de Christophe Galtier savent à quoi s’attendre dimanche. Opposés au champion de France privé de Neymar, les Lillois sont à un peu plus de quatre-vingt-dix minutes d’assumer leur statut d’outsider numéro 1 à l’ogre parisien. « Nous sommes ambitieux, mais pas favoris. On veut continuer de gagner, garder la première place. On se prépare pour ça », a assuré José Fonte. Pour le reste, l’entraîneur nordiste a exhorté ses joueurs à ne pas « s’éparpiller ou dépenser de l’énergie sur autre chose [que le match]. On aura le temps, avec Olivier, le nouveau président, de parler du projet et des autres sujets ». En cas de victoire sur leur pelouse du stade Pierre-Mauroy, les Lillois entameraient cette « nouvelle ère » – les mots de Christophe Galtier – de la meilleure des manières.

Lille-PSG, dimanche 20 décembre à 21 heures, à suivre en direct sur Le Monde.fr

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