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Les propriétaires d’appartements en résidence touristique ne veulent pas payer la crise

La restriction des déplacements, la fermeture des hôtels et des stations balnéaires ou de montagne auront, tout au long de l’année 2020, touché de plein fouet les exploitants des 2 200 résidences de tourisme de France et leurs propriétaires. Ce parc totalise 178 000 appartements bien répartis sur le territoire (35 % en bord de mer, 30 % à la montagne, 25 % en ville et 10 % à la campagne), représente 26 % de l’offre touristique hors campings et génère 3,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel.

Sa particularité est d’appartenir, à 85 %, à des propriétaires individuels qui, encouragés par des avantages fiscaux, ont investi dans ce type d’immobilier sur la promesse des exploitants d’un rendement garanti de 3 % à 4 % pendant la durée du bail, soit neuf ou dix ans.

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« Dès le 15 mars, nous avons dû mettre tous nos vacanciers dehors alors que nos stations d’altitude étaient pleines, se souvient Dominique Ménigault, directeur général de la gestion des patrimoines chez Pierre & Vacances, et pour la première fois depuis trente ans, en raison de circonstances exceptionnelles et de l’obligation réglementaire de fermer. Nous avons suspendu le paiement des loyers à nos 20 000 propriétaires durant deux mois et demi, jusqu’à la réouverture, début juin. Pour compenser cette perte, nous leur avons proposé une clause de retour à meilleure fortunelorsque la situation sera rétablie, en 2022 et 2023, et la prolongation du bail d’un an. La moitié d’entre eux ont accepté », se félicite M. Ménigault.

« Confiance brisée »

« Pierre & Vacances, c’était, pensait-on, un placement sûr que les banquiers considéraient aussi solide qu’une assurance-vie, mais le non-paiement de ces loyers a brisé la confiance, témoigne Jean-Baptiste Libert, propriétaire de trois appartements à La Plagne (Savoie) et au Rouret (Ardèche), et président de la Fédération nationale des associations de propriétaires de résidences de tourisme (FNAPRT) qui réunit 16 000 propriétaires dans 145 résidences. Beaucoup de nos adhérents comptent sur ce revenu pour leur retraite ou pour rembourser un crédit, certains sont même en surendettement », alerte-t-il. « Nous n’acceptons pas d’être la variable d’ajustement des comptes des exploitants, d’ailleurs très opaques », déclare Christine Lorenzini, vice-présidente de la FNAPRT.

Dans cette situation exceptionnelle, la direction générale des entreprises, au ministère des finances, a, en avril 2020, organisé des négociations entre le Syndicat national des résidences de tourisme (SNRT), qui regroupe la moitié des exploitants, des représentants des grands groupes (Odalys, Pierre & Vacances, Belambra) et la FNAPRT.

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