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Les indicateurs de l’épidémie de Covid-19 baissent mais la circulation des variants s’accélère : des scientifiques craignent une situation en trompe-l’œil

Le service de réanimation de l’hôpital de Lons-le-Saunier, ici le 3 février, a connu un taux d’occupation de 150 % pendant de longues semaines.

La situation épidémique devient de plus en plus compliquée à lire, les épidémiologistes s’accordent sur ce point. Depuis plusieurs jours, les indicateurs très surveillés que sont le nombre de nouveaux cas de Covid-19 dans la population, les nouvelles hospitalisations ou encore les admissions dans les services de réanimation, sont à la baisse au niveau national, même s’ils se situent encore à un niveau très élevé. Ces chiffres montrent l’impact du couvre-feu sur la dynamique de la souche du virus dite « historique » circulant en France depuis un an.

Mais, en parallèle, les enquêtes montrent une progression des nouveaux variants : alors que le variant britannique représentait 25 % des cas criblés la semaine dernière, il est passé aujourd’hui à 36 % ; les variants sud-africain et brésilien correspondent à 5 %. « Aujourd’hui, on n’a pas de doute sur le fait que les variants vont changer la dynamique de l’épidémie, mais le doute plane sur le moment où ce changement va apparaître dans les courbes », commente Pascal Crépey, enseignant-chercheur en épidémiologie et biostatistiques à l’Ecole des hautes études en santé publique à Rennes.

Selon l’épidémiologiste, le variant britannique a peut-être été initialement surévalué dans les enquêtes de dépistage, car causant plus de symptômes. Si cette surévaluation ne change pas sa progression dans le temps, elle modifie toutefois le moment où il devient dominant parmi les nouveaux cas, et donc décale l’instant où sa courbe croise celle de la souche historique.

Pour expliquer cette situation, le ministre de la santé, Olivier Véran, a convié à ses côtés lors du point sanitaire hebdomadaire la chercheuse Vittoria Colizza, directrice de recherche à l’Inserm. Avec son équipe, elle a publié, le 14 février, une étude proposant des projections des admissions à l’hôpital selon différents scénarios de restrictions.

Eviter une saturation des services de santé

« En l’absence d’une distanciation sociale plus rigoureuse et intensifiée, le variant britannique progressera rapidement dans les prochaines semaines, avec un calendrier plus précoce dans les régions signalant une forte présence du variant, comme en Ile-de-France », expliquent les auteurs de l’étude. Parmi les mesures mises en avant figurent le respect du télétravail et le renforcement de la stratégie de dépistage, qui proposera notamment, à la rentrée, des tests salivaires dans les écoles. Si l’augmentation de la couverture vaccinale est essentielle, elle ne devrait avoir un impact sur la courbe épidémique qu’à partir d’avril, selon ces projections.

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