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Les association mécontentes de la nouvelle répartition des sièges au CESE

D’habitude feutrées, les allées du palais d’Iéna, qui abrite le Conseil économique, social et environnemental (CESE), bruissent de mécontentements. A quelques jours de la fin de la mandature le 31 mars, un décret, publié jeudi au Journal officiel, fixe la nouvelle composition de la troisième Chambre de la République. Et reste en travers de la gorge de plusieurs associations. Cette nouvelle répartition des sièges fait suite au rapport sur le sujet, remis le 5 mars au premier ministre, Jean Castex, d’un comité indépendant présidé par le haut fonctionnaire, Jean-Denis Combexelle.

La loi organique du 15 janvier a rénové le rôle et le fonctionnement du CESE, une instance consultative représentant la « société civile organisée », tout en prévoyant la réduction d’un quart de ses membres. A l’avenir, les conseillers, désignés par leur organisation (syndicale, patronale, environnementale, familiale, de jeunesse, etc.), ne seront plus que 175 à siéger contre 233 auparavant. Au passage, les 40 « personnes qualifiées » sont supprimées. Nommées par l’exécutif, elles ont aussi bien servi à recaser des amis désœuvrés du pouvoir politique qu’à accueillir des figures comme le climatologue Jean Jouzel ou le père Wresinski, fondateur d’ATD-Quart monde.

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La structuration des sections au CESE est assez complexe mais la plupart des groupes sont touchés par la diminution du nombre de membres. Le comité avait donc la délicate mission – en à peine un mois et demi – de déterminer quelles structures devaient désormais siéger au CESE avec l’objectif de mieux prendre « en compte les évolutions sociologiques, démographiques, économiques et sociales » de la société. La tâche était relativement aisée en ce qui concerne les syndicats et le patronat, qui constituent le gros des troupes et dont la représentativité est calculée au niveau national. Pour les autres, c’était une autre paire de manche.

« Pas à la hauteur »

S’il était inévitable que les préconisations du comité fassent des déçus, « la symbolique n’est pas la bienvenue », déplore Christophe Devys, président du collectif Alerte. Ce dernier, qui regroupe une quarantaine d’associations de lutte contre l’exclusion, obtient un siège aux côtés de celui de la Croix-Rouge. « C’est vraiment faible », lâche M. Devys, pour qui « ce n’est pas à la hauteur des enjeux, surtout dans le contexte » de la crise sanitaire et économique qui a conduit à une « augmentation de la pauvreté » dans le pays. « Les personnes en précarité personae non gratae » au CESE, s’est indigné le collectif dans un communiqué jeudi.

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