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Les 20 jeux vidéo qui ont marqué l’année 2020, sélectionnés par « Le Monde »

L’année 2020, qui ne sera regrettée par personne, touche à sa fin, mais par chance, elle fut riche en jeux vidéo. Dans une période d’incertitude sur l’avenir, de confinements, de peur d’être malade et, pour certains, d’isolement, ces œuvres variées ont pu offrir des échappatoires, parfois des émotions — qu’elles soient tristes ou heureuses — ou tout simplement du divertissement, ce qui est déjà bien assez.

Comme chaque année, Le Monde a sélectionné les jeux vidéo qui ont marqué les trois cent soixante-cinq jours écoulés (à quelques jours près, vous ne nous en tiendrez pas rigueur). Les longs jeux de rôle interminables qui font voyager, ceux qui nous rapprochent des autres, ceux qui nous donnent des crampes aux doigts et ceux qui nous donnent des sueurs froides. On fait le bilan.

Les jeux les plus plébiscités

Ce sont les jeux qui, indépendamment de ce que nos journalistes ont pu en penser, ont marqué l’année. Ils ont surpris, agréablement ou non, ont rythmé 2020 et se sont imposés comme des incontournables des bilans de fin d’année. C’est aussi, reconnaissons-le, un moyen pour nous de mentionner les jeux qui ne nous ont pas nécessairement éblouis, mais qui ont été plébiscités par des milliers d’autres joueurs, consœurs et confrères.

  • The Last of Us Part II

On ne faisait pas partie des joueurs conquis d’avance par la suite de The Last of Us, jeu de tir atmosphérique, davantage acclamé pour son ton crépusculaire et censément « adulte » que pour ses phases d’action ou d’infiltration très quelconques. Les aventures d’Ellie et d’Abby, deux survivantes à une invasion zombie qu’absolument tout oppose, ne sont pourtant pas qu’une histoire tragique racontée avec beaucoup de talent : c’est surtout un jeu incroyablement plaisant, qui récompense autant l’audace et la discrétion que l’inventivité.

Sur PlayStation 4.

Lire aussi : Notre test de « The Last of Us Part II », un jeu violent, parfois pontifiant, toujours renversant
  • Cyberpunk 2077
Malgré ses défauts techniques, « Cyberpunk 2077 » offre une aventure immersive et marquante.

Le jeu vidéo le plus attendu de l’année est finalement sorti le 10 décembre avec fracas, après des années de développement dans des conditions de travail intenses largement décriées par certains observateurs de l’industrie. Le nouveau jeu de rôle en monde ouvert du studio polonais CD Projekt Red a reçu un accueil mitigé, mais offre l’environnement urbain le plus réussi et le plus immersif de l’année. Bourré de bugs à sa sortie, jeu de tir médiocre et RPG faiblard, Cyberpunk 2077 est malgré tout sauvé par une écriture superbe, et une ville à couper le souffle, qui en font une des œuvres les plus marquantes de l’année.

Sur PC, PlayStation 4 et Xbox One (compatible PlayStation 5 et Xbox Series X et S).

Lire notre test du jeu sur PC : « Cyberpunk 2077 », le « Blade Runner » du jeu vidéo
Le jeu a été propulsé dans les strates de Twitch en quelques mois.

Le studio américain InnerSloth aurait pu sortir l’un des jeux les plus marquants de 2018. Seulement voilà, il y a deux ans, lors de sa sortie officielle, Among Us est passé quasiment inaperçu. A la faveur de Twitch et de la pandémie due au coronavirus, le jeu d’enquête entre amis est sorti de l’ombre pour devenir l’un des titres les plus joués au monde. Et il faut reconnaître que sa formule de Cluedo adaptée aux apéros Skype, dans laquelle les joueurs doivent déterminer lequel d’entre eux est un intrus assassin, fonctionne parfaitement pour les soirées entre amis (ou anciens amis).

Sur PC, iOS et Android.

Lire aussi Comment « Among Us », un jeu sorti discrètement en 2018, est devenu un succès mondial
Coloré, léger et drôle, « Fall Guys » a assurément été le jeu estival de 2020.

S’il a aujourd’hui perdu de sa superbe, sans doute détrôné par Among Us, Fall Guys a été le grand jeu multijoueur de l’été. Ce titre d’adresse produit par un studio indépendant, sorte de « battle royale » (cent joueurs s’affrontent au fil d’épreuves et il n’en reste qu’un) sans le sang mais conservant la sueur, a envahi la page d’accueil du site de streaming Twitch dès sa sortie, et a été un véritable succès commercial, malgré une formule risquant de s’essouffler un peu vite.

Sur PC et PlayStation 4.

Lire aussi On a testé… « Fall Guys », le jeu vidéo compétitif qui brille entre « Fortnite » et « Intervilles »
L’esthétique léchée d’Hadès est un plaisir pour les yeux, malgré un écran souvent difficile à lire.

Pourtant habituellement clients de ces « Rogue-lite » (des jeux de rôle teintés d’action dans lesquels la mort est définitive), nous n’avons pas été, à Pixels, totalement convaincus par le peu lisible Hades. Nous sommes bien les seuls : ce « jeu d’auteur », à la narration et à la direction artistique fortes a mis tout le monde d’accord, au point d’aller contester dans de nombreux classements la suprématie des blockbusters au titre de « jeu de l’année ». C’est aussi, selon le studio Supergiant Games (Bastion), un jeu réalisé sans coup de pression sur les équipes, et en forçant même les employés à prendre « quatre semaines de repos par an ». Un luxe, dans l’industrie du jeu vidéo américaine.

Sur PC et Nintendo Switch.

  • Microsoft Flight Simulator
« Microsoft Flight Simulator »

Pendant près de quarante ans, les différentes versions de Flight Simulator ont permis de se prendre pour un pilote d’avion sans quitter son bureau — et accessoirement, de servir de parfaite vitrine sur les capacités des PC. Après une longue pause, Flight Sim est de retour, et permet désormais de parcourir une Terre photoréaliste, modélisée dans ses moindres détails. Et, surprise, le jeu à l’origine américain est aujourd’hui développé par le studio bordelais Asobo. Un rêve de joueur devenu réalité.

Sur PC, sortie prévue en été sur Xbox Series X et S.

Lire aussi notre test : Peut-être le plus beau jeu vidéo du monde, « Microsoft Flight Simulator » drague le grand public
  • Assassin’s Creed Valhalla
Un jeu de plus sauvé par son environnement sublime en 2020.

Qu’attendre en 2020 d’un Assassin’s Creed, série de jeux boursouflés par leur contenu et, pour le dire poliment, très inégalement écrite ? Cet épisode viking ne déroge pas à la règle, mais fait valoir, outre des combats revisités et enfin plaisants, un atout de poids : le superbe terrain de jeu qu’il offre, l’Angleterre du IXe siècle, ses bruyères multicolores, ses couchers de soleil mordorés et ses Vikings vociférants. Ajoutons que les (quelques) quêtes à l’humour « pipi-caca » typiques des récentes productions Ubisoft cohabitent avec (quelques) jolis moments de poésie — qu’on aurait souhaités plus nombreux.

Sur PC, PlayStation 4 et 5, Xbox One, Xbox Series X et S.

Lire aussi On a testé… « Assassin’s Creed : Valhalla », le jeu d’exploration nordique qui n’est pas à l’ouest
  • Final Fantasy VII Remake
Un des jeux les plus attendus de l’année, et une réédition réussie.

Lionel Jospin venait d’entrer à Matignon quand Final Fantasy VII s’est affiché pour la première fois sur les étals des Score Games et Micromania de France et de Navarre. Ses adorateurs sont aujourd’hui comptables ou caristes et ont 1,7 enfant chacun en moyenne, et pourtant, ils étaient probablement tous devant leur Micromania (Score Games a fermé entre-temps) le 2 mars, pour acheter le remake follement ambitieux des aventures de l’écoterroriste Cloud, relecture moderne d’un classique du jeu de rôle japonais.

Sur PlayStation 4.

Lire aussi « Final Fantasy VII Remake », une relecture dense et dynamique du jeu culte de 1997
  • Genshin Impact
Un succès inattendu d’un jeu mobile à la stratégie commerciale agressive.

Repomper la direction artistique et les gimmicks (l’escalade, le deltaplane, etc.) de The Legend of Zelda : Breath of the Wild a été un genre à part entière en 2020. Mais si le Immortals Fenix Rising d’Ubisoft nous est tombé des mains, le succès de Genshin Impact (par le chinois miHoYo) a en revanche marqué l’année et les amateurs de jeux gratuits. Fondamentalement un jeu de hasard payant (on est invité à acheter des paquets de cartes en espérant débloquer l’accès à de nouvelles nymphettes court vêtues), il est pourtant techniquement et narrativement si réussi qu’il cartonne également sur PC, où les joueurs le pratiquent comme un vrai jeu de rôle.

Sur PC, PlayStation 4 et 5, smartphones Android et iOS.

Lire aussi « Genshin Impact » : tout comprendre au jeu vidéo mobile chinois qui cartonne

Les jeux qui ont marqué Pixels cette année

Ils ne font pas forcément partie des jeux les plus importants de l’année. Pourtant, tous ces jeux ont marqué les journalistes de Pixels au cours des derniers mois, tant et si bien que nous avons voulu leur rendre hommage cette année, soit parce que nous estimons qu’ils ont des qualités qui les ont fait sortir du lot, soit parce qu’ils nous ont occupés de longues heures durant les soirées de couvre-feu ou de confinement.

  • Spiritfarer
Le plus joli jeu de 2020 ?

Assurément l’une des œuvres les plus touchantes de 2020. Spiritfarer est un jeu d’aventure indépendant qui parle du deuil, sans prendre de détours ni de pincettes. On y incarne Stella, une jeune femme qui doit accompagner les âmes des défunts lors de leur dernier voyage. Chaque voyageur fait alors part de ses joies et de ses regrets, et vide son sac afin de pouvoir partir en paix. Parfois drôle, mais toujours émouvant, Spiritfarer ne gâche rien avec une direction artistique sublime, qui en fait un des plus beaux jeux de l’année.

Sur PC, PlayStation 4 et 5, Xbox One, Xbox Series et Nintendo Switch.

Lire aussi On a testé… « Spiritfarer », un voyage mélancolique sur le thème de la mort
Le meilleur jeu de skateboard depuis « Skate 3 ».

Le très nostalgique mais aussi très convenu remake Tony Hawk Pro Skater 1 + 2 sorti par Activision cette année n’a pas complètement comblé notre petit cœur et nos envies de kick flips. A l’inverse, Skater XL, édité par un studio indépendant, s’est révélé être un des jeux les plus prometteurs pour les fans de glisse. Réaliste, exigeant, constamment enrichi par la communauté, il comble efficacement le vide laissé par la série culte d’Electronic Arts, Skate, dont un nouvel épisode est attendu depuis de longues années.

Sur PC, PlayStation 4 et 5, Xbox One et Xbox Series.

  • Spider-Man : Miles Morales
Marvel's Spider-Man: Miles Morales

Spider-Man : Miles Morales n’a rien révolutionné au jeu vidéo, mais on ne lui en demandait pas tant. Jeu vitrine de la PS5, la console nouvelle génération de Sony, ce jeu d’action offre une aventure courte mais satisfaisante, une exploration sublime de la ville de New York, et des personnages attachants. L’équivalent d’un Ferrero Rocher qui ne surprend pas mais s’engloutit pour les fêtes sans trop y réfléchir.

Sur PlayStation 4 et 5.

Lire aussi On a testé… « Marvel’s Spider-Man : Miles Morales », un jeu de lancement efficace pour la PS5
  • Yakuza : Like A Dragon
Si la galerie de personnages de « Cyberpunk 2077 » remporte le prix d’écriture de l’année, celle de « Yakuza : Like A Dragon » n’a pas à rougir.

Quelle meilleure série que Yakuza pour raconter avec autant de brio que de ridicule des histoires émouvantes d’amitié, d’honneur et de crimes ? Le nouvel opus de la série tragicomique japonaise éditée par Sega s’installe sur le terrain des combats au tour par tour, tout en conservant ce qui fait le sel de Yakuza : des quêtes absurdes, une aventure aux multiples rebondissements, mais aussi un jeu de gestion d’entreprise, des soirées karaoké et un hommage à Pokémon. Yakuza : Like A Dragon condense cinq jeux en un, pour une expérience chronophage, addictive, mais surtout incroyablement réjouissante.

Sur PlayStation 4 et 5, PC, Xbox One et Xbox Series X et S.

Fuser est un jeu historique qui nous ramène au temps où les concerts existaient encore.

Vous étiez DJ dans le monde d’avant, et les soirées et festivals vous manquent ? Par miracle, un jeu vidéo vous permet de donner court à votre mauvais goût en épargnant vos voisins (à moins de posséder des enceintes conséquentes). Fuser, nouveau jeu des créateurs du studio Rock Band, est un simulateur de DJ. Lors de chaque niveau, qui prend place durant un concert de festival, vous devez mixer différents disques à votre disposition pour enflammer le public. Les basses de Cheap Thrills (Sia), le refrain de Never Gonna Give You Up (Rick Astley), le beat de Temperature (Sean Paul), laissez parler votre imagination en suivant les demandes du public. S’il gagne en complexité au fil des heures, Fuser reste un plaisir musical simple parfait pour un vendredi soir confiné.

Sur PC, Nintendo Switch, PlayStation 4 et 5, Xbox One et Xbox Series X et S.

  • Watch Dogs : Legion
Watch Dogs : Legion

Décevant sur tant de points, et perdant la légèreté qui faisait le sel de l’opus précédent, le dernier volet de la saga mi-figue mi-raisin d’Ubisoft fonctionne essentiellement grâce à sa reproduction réussie d’une ville de Londres apocalyptique. Se promener dans les rues de Camden en taxi en écoutant Three Lions est un plaisir qui rattrape largement l’écriture faiblarde de ce jeu d’action et d’infiltration.

Sur PlayStation 4 et 5, PC, Xbox One et Xbox Series X et S.

Lire aussi On a testé… « Watch Dogs : Legion », le jeu dystopique dont on arrive à pardonner les défauts
  • Half-Life : Alyx
Une aventure inventive en réalité virtuelle.

Bientôt cinq ans que les casques de réalité virtuelle (VR) grand public sont disponibles, et bientôt cinq ans que l’on attend un jeu VR à l’ampleur épique comparable à celle d’un titre « classique ». Il aura fallu que Valve, développeur richissime de plusieurs séries mythiques et industriel ayant un intérêt (ils fabriquent leur propre casque, l’Index) au succès de la VR, ne s’y colle pour que l’affaire décolle. Half-Life Alyx, loin d’être un épisode au rabais, et un jeu de tir nerveux, tendu, follement inventif, proposant une immersion inédite dans un univers qu’on croirait pouvoir toucher du doigt.

Sur PC.

Lire aussi « Half-Life : Alyx » : le jeu vidéo en réalité virtuelle a son chef-d’œuvre
  • Demon’s Souls
Demon's Souls Remake

Univers gothique, niveaux inextricables, combats extrêmement exigeants, mort punitive… on peut arguer que la trilogie Dark Souls a été l’une des plus marquante de la décennie écoulée. Son ancêtre, Demon’s Souls, proposait pourtant déjà la même grammaire, mais restait moins accessible en raison de son âge et de sa distribution (sur PlayStation 3 seulement). Avec cette version PS5, il ne connaît pas seulement un ravalement de façade, mais une véritable transfiguration : toujours aussi sombre, toujours aussi dur, il est désormais aussi l’un des plus beaux (sinon le plus beau) jeux de l’année.

Sur PlayStation 5.

Lire aussi On a testé… le remake de « Demon’s Souls », le jeu le plus difficile de 2009 (et l’un des plus beaux de 2020)
  • Animal Crossing : New Horizons
Sorti au début du premier confinement, « Animal Crossing » a fourni un moyen d’évasion précieux en 2020.

Ce serait une hérésie de parler des jeux marquants de cette année sans évoquer ce petit cocon de douceur qu’est Animal Crossing : New Horizons. Alors que le monde entier tournait en rond dans son bocal, le bonheur réside dans l’évasion. Et quel meilleur endroit pour s’échapper que sur une île déserte pour couler des jours heureux en compagnie de vos voisins : la chèvre bibliophile, le poulpe misanthrope et le pingouin haltérophile. Pas besoin de vous presser, jouez la cool en jonglant entre parties de pêche et entomologie, dans ce jeu si délicieusement inutile.

Sur Nintendo Switch.

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  • Crusader Kings III
Touffu, parfois difficile à appréhender, Crusader Kings est un générateur d’histoires incomparable.

Existe-t-il, graphiquement, des jeux plus arides que Crusader Kings III ? Oui, bien sûr que oui, même si on prétendra le contraire pour la nécessité de la démonstration. Crusader Kings, c’est donc des cartes géographiques, des menus plein de chiffres et des dialogues à choix multiples. Mais c’est aussi une fantastique machine à se raconter des histoires, et à refaire l’histoire, la grande histoire : celle de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique médiévales, que l’on traverse six siècles durant à la tête de l’entité politique de son choix. Jeu de gestion dynastique, simulateur de Game of Thrones ou sorte de « jeu de stratégie dont vous êtes le héros » : CK3 est quoi qu’il en soit l’un des titres les plus chronophages de l’année.

Sur PC.

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