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L’Elysée veut réformer l’aide publique au développement

Neuf mois après le début de la pandémie de Covid-19, la France veut augmenter et améliorer son aide aux pays pauvres. L’Elysée organise jeudi 17 décembre un « conseil présidentiel du développement », qui réunira autour d’Emmanuel Macron le chef du gouvernement, Jean Castex, et plusieurs de ses ministres. C’est la première étape d’une série de consultations qui doit aboutir, en mai 2021, à l’organisation d’un sommet sur le financement des Etats africains.

Cette réunion interviendra au lendemain de la présentation, mercredi, en conseil des ministres, du projet de loi sur l’aide publique au développement. Le texte prévoit notamment d’augmenter son montant à 0,55 % du revenu national brut d’ici à 2022, contre 0,44 % en 2019, et met l’accent sur l’évaluation des projets, l’innovation et l’ouverture à la société civile. La situation dans les pays en développement se détériore. Selon les derniers chiffres publiés fin septembre par le Fonds monétaire international (FMI), la moitié des pays à bas revenu frôlent le surendettement ou y sont déjà tombés.

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Ces derniers pèsent déjà peu dans le PIB mondial, mais ils pourraient précipiter des centaines de millions d’habitants dans l’extrême pauvreté. Les estimations données le 10 décembre par la Banque mondiale sont préoccupantes : les deux tiers des foyers des 74 pays les plus pauvres auraient enregistré une baisse de leurs revenus pendant la pandémie, contre 59 % ailleurs. Ils sont aussi plus nombreux à sauter des repas, faute d’argent. Le Programme alimentaire mondial met en garde contre de « potentielles famines aux dimensions dramatiques ».

Goutte d’eau

A l’Elysée, on souligne « les possibles risques de déstabilisation » d’une crise économique sur un continent, l’Afrique, en pleine croissance démographique. Côté sanitaire, la pandémie ne pourra globalement être éliminée si elle continue de se propager dans les pays pauvres, même si, en Afrique, le nombre de contaminations est moins élevé que redouté. « Dans un monde interdépendant, ce qui se passe là-bas nous concerne ici, insiste-t-on à l’Elysée, et on ne peut pas réussir le multilatéralisme en disant aux pays en développement de se débrouiller seuls. »

« Rester dans sa tour d’ivoire est intenable sur le plan sanitaire, économiquement idiot car nos pays sont liés, et moralement insupportable », estime le député LREM Hervé Berville

Et pourtant, la France n’a débloqué que 1,15 milliard d’euros supplémentaire (en plus des sommes allouées à l’aide au développement, qui s’élevait à 14 milliards d’euros en 2019), dont 1 milliard de prêts, pour aider les pays pauvres à faire face à la crise du Covid-19. Une goutte d’eau, le FMI estimant à 114 milliards de dollars les besoins de l’Afrique pour lutter contre la pandémie sur la seule année 2020. L’Organisation mondiale de la santé n’a de son côté réuni que 9,8 des 38 milliards de dollars dont elle a besoin pour vacciner, d’ici à la fin 2021, les habitants des pays pauvres.

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