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« L’écotaxe poids lourds » refait surface

Sur le périphérique parisien, le 5 novembre 2020.

C’est l’un des mots tabous de la politique française en matière de mobilité depuis plusieurs années. Mais voilà que « l’écotaxe poids lourds » – celle qui avait déclenché, fin 2013, la révolte des « bonnets rouges » – réapparaît dans la sémantique des élus français. Plus précisément, l’idée refait surface dans un rapport sur l’avenir de la mobilité en grande couronne d’Ile-de-France à paraître mardi 9 février, et que Le Monde a pu consulter.

« Nous voulons un plan d’investissement massif et spécifique pour la grande couronne, un plan Marshall des mobilités », déclare François Durovray, président LR du conseil départemental de l’Essonne, auteur du rapport avec sept parlementaires essonniens d’horizons variés (trois LR, deux LRM, un centriste et l’« électron libre » Cédric Villani). Personnalité montante sur les sujets de mobilité, M. Durovray, 49 ans, affirme avoir produit ce travail après une demande informelle émanant du cabinet du ministre délégué chargé des transports, Jean-Baptiste Djebbari.

Lire aussi : Ecotaxe : gâchis financier, faute politique

Le texte part d’un double constat. D’abord, celui d’un besoin fort et structurel de transports dans ces territoires éloignés de la métropole-centre tout en y étant étroitement connectés. Ensuite, celui d’une impasse budgétaire pour lancer des chantiers de mobilité. Le rapport recense 46 projets ferroviaires ou routiers de transports en commun programmés en Ile-de-France, mais pas démarrés car non financés. Les besoins sont pourtant criants. La grande couronne est la seule zone d’Ile-de-France où le trafic automobile continue d’augmenter depuis l’an 2000. Chaque jour, note M. Durovray, 200 000 Essonniens quittent le département pour aller travailler à Paris, sur une population en âge de travailler d’environ 700 000 personnes.

Place donc à « une écotaxe ciblant les poids lourds et les véhicules utilitaires légers » à l’échelle de l’Ile-de-France. La région « aurait vocation à être maître d’ouvrage de ce déploiement », qui pourrait s’appuyer sur les portiques équipés de caméras existant encore sur le réseau. Des vestiges de l’écotaxe enterrée en 2014.

Stratégies d’évitement

« Les départements devraient pouvoir aussi avoir la possibilité de déployer le dispositif », précise le rapport. « Un camion peut traverser la France sans faire le plein et donc sans verser de taxe », souligne M. Durovray, lequel fustige les stratégies d’évitement de certains routiers, qui se détournent de l’autoroute payante pour emprunter le réseau non concédé qu’ils dégradent fortement sans avoir à en payer les conséquences. C’est précisément le cas en Essonne, avec la nationale 20, qui sert d’itinéraire bis à un grand nombre de camions quittant l’A10. M. Durovray se dit d’ailleurs candidat le plus vite possible à la mise en place d’une écotaxe sur la RN20.

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