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Le vaccin de Johnson & Johnson arrive au compte-gouttes dans les pharmacies et les cabinets médicaux

Isabelle Micholet-Constantin, 68 ans, attend en compagnie de son mari après avoir reçu une dose de vaccin. Pharmacie de la place Denfert-Rochereau, à Paris, le 15 mars 2021.

Sur les 200 000 doses de vaccin de Janssen officiellement livrées à la France depuis la mi-avril, la pharmacie Booth, dans le 12e arrondissement de Marseille, en a reçu dix. Adossée à une galerie commerciale, cette officine voit pourtant passer chaque jour près de 400 personnes. « On est loin d’une campagne intensive », sourit le pharmacien, Christophe Guidoni, derrière son masque. Ses deux premiers flacons – de cinq doses chacun –, commandés près d’un mois plus tôt, sont arrivés en milieu de semaine dernière, accompagnés de trois autres à destination des médecins de ce quartier résidentiel. Ce lundi 3 mai, il organise sa première session d’injections avec le « Janssen » – du nom du laboratoire, filiale pharmaceutique du groupe américain Johnson & Johnson –, dernier des vaccins autorisés sur le marché français. Sept volontaires le matin, trois l’après-midi, prévenus par téléphone avant le week-end. Toutes les doses doivent, en principe, trouver preneur.

10 millions de doses attendues

Dans un réduit où l’on stocke bottes de marche et chaussures orthopédiques, Dominique Tassol, 67 ans, est la première à s’asseoir et à relever sa manche. « Je le fais parce que mon mari insiste. Moi, j’ai un peu peur », glisse cette secrétaire, qui habite « à deux pas ». Le mari, Jean, 71 ans, attend son tour : « Je veux le faire pour être tranquille. » « Et parce qu’on veut partir en vacances en Turquie et qu’on sait qu’il nous faudra un passeport vaccinal », complète Dominique. « Je voulais le Janssen parce qu’il n’y a qu’une dose à faire », souffle Pascal, 58 ans, qui prend la suite. Administratif dans l’éducation nationale, il préfère rester anonyme : « Aujourd’hui, je suis en télétravail. » Depuis plusieurs semaines, il cherchait un rendez-vous sur Internet mais n’en trouvait pas. « En venant acheter des médicaments, j’ai appris que la pharmacie vaccinait ; je me suis inscrit. »

Cheveux blancs, chariot à roulettes bleu azur, Odile, 81 ans, hésite encore. « Mes enfants me poussent ; moi, je ne suis pas sûre », rumine-t-elle. « Pourquoi avec celui-là, il ne faut qu’une dose et pourquoi les autres, il en faut deux ? », interroge-t-elle. « C’est mieux d’être vaccinée, lui glisse gentiment Timothée Hentz, le pharmacien qui pratique les injections. Après, si vous ne voulez pas venir, vous pouvez annuler. » Odile repart en laissant nom et numéro de téléphone, « à contrecœur ». Sur sa liste d’attente, Christophe Guidoni compile une centaine de personnes. Et aucun ne souhaite se faire vacciner avec les doses d’AstraZeneca qui dorment encore dans les frigos.

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