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Le socialiste Benoît Payan confirme sa candidature à la succession de Michèle Rubirola à Marseille

La maire nouvellement élue de Marseille, Michèle Rubirola, le 4 juillet 2020, aux côtés du socialiste Benoît Payan, qui allait devenir son premier adjoint à la tête de la ville.

Marseille a replongé mercredi 16 décembre dans un feuilleton politique à rebondissements après la démission surprise, la veille, de la maire Michèle Rubirola. Son premier adjoint, l’élu socialiste Benoît Payan, a confirmé dans un message publié sur Facebook qu’il était candidat à la succession de Mme Rubirola.

« Je me présenterai pour concrétiser le projet que nous avons porté ensemble, celui de faire participer tous les Marseillais, de relever notre ville et d’en finir avec l’incurie de ces dernières années », a-t-il écrit.

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Mme Rubirola a toujours assumé former un « binôme » avec M. Payan. Une formule à nouveau répétée lors de l’annonce de son départ, notamment pour raisons de santé. La maire avait d’ailleurs exprimé, mardi, son souhait de le voir prendre sa relève – et elle de prendre sa suite comme première adjointe.

« Peu de responsables politiques auraient eu ce courage, de placer la réussite du projet avant leur destin personnel. [Le choix de Mme Rubirola] est difficile et honnête, je le salue et le respecte. En plaçant Marseille en premier, elle est fidèle aux valeurs que nous défendons », a rendu hommage le socialiste dans son message.

« Toute légitimité pour prendre la suite »

Benoit Payan souffre d’une image d’« apparatchik » du PS qui n’a pas toujours fait l’unanimité au sein de la majorité municipale du Printemps marseillais, vaste coalition composée de socialistes, de communistes, mais aussi d’« insoumis » et d’écologistes. Il avait même dû laisser la tête de liste de cette union de la gauche à Mme Rubirola, lors de la campagne, alors que les négociations achoppaient à sa personne.

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Dans la majorité, la perspective d’un échange de poste entre la maire sortante et son second n’a cependant soulevé dans l’immédiat aucune levée du bouclier, le maintien de l’unité fragile de la majorité semblant être privilégié par tous, à quelques jours du conseil pour lequel les convocations ont été adressées dès mardi soir aux 101 conseillers municipaux.

« C’est un changement de rôle dans une équipe qui a une grande cohésion », a fait valoir dès mardi soir le chef de file local du PCF et adjoint à la culture, Jean-Marc Coppola. Même son de cloche chez Olivia Fortin, une des architectes du Printemps marseillais, adjointe chargée des services municipaux dans l’actuelle équipe : « Comme tout le monde dans la majorité, je suis partante pour suivre ce binôme inversé. On a besoin de cohésion et Benoît Payan a toute légitimité pour prendre la suite. »

L’écologiste Sophie Camard, par ailleurs suppléante de Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée nationale, convoque, elle, le souvenir douloureux des interminables tractations avec Samia Ghali – dont les voix étaient nécessaires pour obtenir une majorité – qui avaient précédé l’élection de Mme Rubirola en juillet : « On ne va pas déclencher des candidatures et revivre le psychodrame du 4 juillet. »

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Encore une fois, c’est la position de la deuxième adjointe Samia Ghali, figure populaire des quartiers nord, qui est guettée, et mercredi, l’ex-sénatrice socialiste ne s’était toujours pas exprimée.

« Avec la gauche tout est possible »

L’été dernier, l’élection de Michèle Rubirola s’était jouée au « troisième tour », c’est-à-dire au conseil municipal, à une voix près, au terme de plusieurs heures d’un suspense haletant.

Entre-temps, la majorité municipale s’est renforcée avec l’arrivée de deux transfuges du groupe Les Républicains. Le conseil municipal se compose ainsi aujourd’hui de 44 sièges pour le Printemps marseillais, 9 sièges pour les proches de Samia Ghali, 37 sièges pour LR, 2 sièges pour les divers droite menés par Bruno Gilles, et 9 sièges pour le RN conduit par Stéphane Ravier.

Face à Benoît Payan, l’opposition ne présentera peut-être même pas de candidat : « Toutes les options sont sur la table, rien n’est exclu. Nous n’avons pas encore pris de décision concernant la présentation d’une candidature concurrente », a déclaré à l’Agence France-Presse le porte-parole du groupe LR, qui s’est réuni dans la matinée. « C’est un problème qui concerne avant tout la majorité. On va observer et on verra bien. »

« J’attends de voir comment tout cela évolue. Avec la gauche tout est possible, avec la droite aussi. Et nous ne sommes que mercredi, il peut s’en passer des choses d’ici lundi », a de son côté ironisé le RN Stéphane Ravier.

Le Monde avec AFP

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