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Le procès en destitution de Donald Trump risque de se prolonger avec la convocation de témoins

Jamie Raskin, chef des procureurs démocrates, lors de son arrivée au Capitole, à Washington DC, le 13 février.

Il faudra sans doute attendre plusieurs jours, plusieurs semaines peut-être pour connaître l’issue du second procès en destitution de l’ancien président des Etats-Unis Donald Trump, accusé d’« incitation à l’insurrection » après que plusieurs de ses partisans eurent mené, le 6 janvier, un assaut sur le Capitole. Cinquante-cinq sénateurs sur cent se sont en effet prononcés, samedi 13 février, en faveur d’une motion autorisant la convocation de témoins. Cinq républicains se sont joints aux démocrates pour voter en faveur de la motion : Susan Collins, Lisa Murkowski, Mitt Romney, Ben Sasse ainsi que, après un revirement de dernière minute, Lindsey Graham, grand allié de Donald Trump.

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Un peu plus tôt, en ouverture du cinquième jour du procès du précédent président, Jamie Raskin, chef des procureurs démocrates, avait fait part de sa volonté d’entendre Jaime Herrera Beutler, élue républicaine à la Chambre des représentants.

Cette dernière, qui compte parmi les dix élus du Grand Old Party (sur 211) à avoir voté en faveur de la mise en accusation de Donald Trump le 13 janvier, a rapporté un vif échange entre le chef des républicains à la Chambre, Kevin McCarthy, et M. Trump lors de l’attaque du 6 janvier.

Citant une conversation qui lui a été rapportée, elle a expliqué samedi dans un communiqué que M. McCarthy avait appelé le président pour lui demander d’exhorter publiquement les émeutiers au calme. M. Trump aurait alors affirmé avoir entendu que ces manifestants étaient en réalité des « antifa », un mouvement d’extrême gauche. M. McCarthy lui aurait répondu qu’il s’agissait bien de ses partisans. « C’est alors, selon M. McCarthy, que le président a dit : “Eh bien, Kevin, j’imagine que ces gens sont plus en colère que vous à propos de l’élection.” [remportée par son rival Joe Biden et dont Donald Trump a contesté, sans preuve, les résultats] »

Le procès politique, mené tambour battant cette semaine, pourrait donc se prolonger, les avocats républicains ayant rapporté qu’ils pourraient eux aussi convoquer de nombreux témoins.

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Vers un plausible acquittement

Néanmoins, Donald Trump a toutes les chances d’être acquitté, comme lors de son premier procès en impeachment il y a un an. D’autant que le chef de file des sénateurs républicains, Mitch McConnell, a fait savoir ce samedi dans un message à son groupe parlementaire et cité par les médias américains (dont l’agence Associated Press) qu’il voterait en ce sens.

« Bien que ce soit une décision difficile, je suis convaincu que les procès en destitution sont un outil essentiellement destiné à écarter » un responsable de ses fonctions, « et que nous ne disposons dès lors pas des compétences requises », a argué l’élu du Kentucky après avoir laissé planer le doute pendant des semaines.

L’annonce de l’influent stratège sonne le glas des espoirs démocrates de condamner l’ancien président : il apparaît désormais encore plus improbable que dix-sept sénateurs républicains votent avec les 50 démocrates pour une condamnation.

Le chef de file des sénateurs républicains, Mitch McConnell, lors de son arrivée au Capitole, à Washington DC, le 13 février.

Dans son message, Mitch McConnell a toutefois bien pris soin de souligner qu’un président pouvait être poursuivi en justice après avoir quitté la Maison Blanche. Une façon de répondre aux procureurs démocrates, pour qui le fait d’admettre qu’un président ne puisse pas être jugé au Sénat après son départ reviendrait à dire que les dirigeants américains ont les mains libres pour commettre des délits, même lors des dernières semaines de leur mandat.

Ancien proche et allié de Donald Trump, le sénateur du Kentucky ne s’est pas entretenu avec le précédent président depuis qu’il a reconnu mi-décembre la victoire de Joe Biden, rival démocrate de ce dernier. Le 19 janvier, M. McConnell avait en outre directement mis en cause l’ancien locataire de la Maison Blanche dans l’assaut du Capitole, estimant que ce dernier avait « incité » les assaillants, en les « abreuvant de mensonges » notamment.

Le Monde avec AFP et AP

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