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Le procès « Bure » s’ouvre sur fond de lutte politique

Un panneau de signalisation routière tagué par des opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires, à Bure (Meuse), en octobre 2020.

Les bancs des prévenus sont vides au tribunal correctionnel de Bar-le-Duc, dans la Meuse. Et pour cause : au premier jour de leur procès, mardi 1er juin, pour « association de malfaiteurs » et « détention de substances ou produits incendiaires ou explosifs en bande organisée », les sept opposants au projet d’enfouissement, à l’horizon 2035, de déchets radioactifs sur la commune de Bure sont partis manifester dans les rues du centre-ville avec plusieurs centaines de membres du mouvement de contestation antinucléaire.

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Manifestement embarrassé, le président du tribunal, Sylvain Roux – après avoir lu l’épaisse ordonnance de renvoi de 180 pages – s’est résolu à suspendre les débats jusqu’au lendemain plutôt que d’attendre le retour des prévenus. Il est alors 15 h 30 dans la salle d’audience quasiment déserte du petit palais de justice.

« M. le président, il me semble que l’on prend quand même en otage votre juridiction, assène, agacé, le procureur de la République de Bar-le-Duc, Sofian Saboulard. Maintenant, il faut attendre le retour des prévenus pour les interroger. Ce n’est pas le cour normal de la justice. »

« Etat policier »

Dans la matinée, le président n’avait pas autorisé les prévenus à prolonger leur pause méridienne pour participer au cortège avec leurs avocats : « Ce n’est pas l’extérieur qui doit dicter ce qui se passe dans un tribunal. Nous avons fixé un calendrier : l’audience est prévue sur trois jours. »

A l’ouverture du procès, les débats ont donc été complètement éclipsés par le rassemblement festif, au pied du palais de justice, des opposants à l’installation par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) d’un centre industriel de stockage géologique de déchets radioactifs (Cigéo). Dans une ambiance de kermesse, les prévenus, le poing levé, ont été ovationnés par les militants antinucléaires massés sur la place Saint-Pierre, où des stands étaient dressés. Vêtue de violet, la couleur des opposants au projet Cigéo, la foule a dénoncé « l’Etat policier » et réclamé « la fin du nucléaire ».

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« Attaché à la sérénité des débats », le président du tribunal a émis en vain le souhait, dans son préambule, que l’audience ne se transforme « ni en spectacle ni en tribune politique ». Stoïque derrière son masque, M. Roux a menacé de « procéder à l’expulsion de la salle des éventuels éléments perturbateurs ». « Nous sommes là pour débattre de qualifications pénales et pas de nucléaire ou du projet Cigéo », a insisté, pour sa part, le représentant du ministère public.

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