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Le PDG de Riot Games attaqué pour harcèlement sexuel par une ancienne employée

Sharon O’Donnell, ancienne employée de Riot Games, attaque en justice le studio de jeux vidéo et Nicolas Laurent, son président-directeur général. L’ex-assistante de direction reproche à ce dernier des faits de harcèlement sexuel et de discrimination dans une plainte déposée devant la cour de Los Angeles, le 7 janvier 2021 – le siège de Riot Games se situant dans la ville californienne.

Dans le document, publié sur le site d’information Vice le 9 février, les avocats de la plaignante rapportent des comportements et des remarques sexistes attribués à Nicolas Laurent. L’ancienne employée a détaillé une série de phrases inappropriées que le PDG de Riot Games lui aurait adressées. Par exemple, un commentaire à propos de ses employées qui devraient « gérer le stress de l’épidémie de Covid-19 en faisant des enfants », des allusions aux dimensions « extra-larges » de ses propres sous-vêtements ou l’utilisation du verbe « jouir » (cum, en anglais) à la place du mot « venir » (come) lors d’une invitation à venir travailler à son domicile.

La plainte donne aussi des exemples d’attitudes sexistes que le PDG aurait eu envers son employée. « Ce comportement (…) a créé un climat de travail intimidant et hostile en raison du sexe et du genre » de Sharon O’Donnell, explique le texte. Les faits décrits se seraient déroulés à partir de son embauche, en octobre 2017, jusqu’à son licenciement, en juillet 2020. L’entreprise Riot Games Inc. est également attaquée au motif de « son échec à anticiper et sanctionner le harcèlement et la discrimination » ainsi que pour des défauts de paiement d’heures supplémentaires.

Contactée par Le Monde, Riot Games a réagi dans un communiqué en déclarant « prendre les accusations de harcèlement et de discrimination très au sérieux ». Une enquête interne relative à ces accusations, menée par un organisme extérieur, est en cours. Nicolas Laurent, qui poursuit ses fonctions à la tête du studio, « a assuré sa pleine coopération » à cette procédure, poursuit Riot Games dans son communiqué. Sollicitée par Le Monde, l’entreprise a précisé que Nicolas Laurent ne s’exprimerait pas publiquement sur le sujet pour le moment. Le Français, qui a rejoint l’entreprise en 2009, en avait été promu président-directeur général en 2017.

Une « culture du sexisme » déjà dénoncée

Le géant du jeu en ligne, qui développe notamment League of Legends, Valorant et Teamfight Tactics, s’est déjà vu reprocher une « culture du sexisme » dans une enquête du site spécialisé Kotaku. En 2019, une centaine d’employés avaient aussi manifesté pour dénoncer la gestion des situations de harcèlement par Riot Games.

Dans une tribune publiée en juillet 2020 sur le site Gamesindustry, Nicolas Laurent s’était excusé auprès des salariés qui avaient souffert de comportements sexistes ou de discriminations. Il décrivait également ses efforts pour « changer de culture » au sein de l’entreprise tout en ajoutant que « cela doit être réparé plus largement au sein de l’industrie [du jeu vidéo]. »

« Historiquement, Riot est une entreprise dont les dirigeants ne sont redevables de personne », peut-on lire sur une déclaration publiée le 10 février, après la révélation de la plainte de Sharon O’Donnell, par un compte Twitter qui se présente comme un collectif d’employés du studio.

En réponse, Riot Games a déclaré, dans son communiqué sur cette affaire, que la culture d’entreprise « était l’une de ses premières priorités depuis plusieurs années » et qu’elle se montre soucieuse « de la confiance des Rioters [surnom donné aux employés] dans son action pour la transformer ».

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