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Le Parlement espagnol approuve le droit à l’euthanasie

Personne protestant contre la légalisation de l’euthanasie, devant le Parlement espagnol, le 17 décembre à Madrid.

Avec 198 voix pour et 138 contre, c’est par une large majorité qu’a été approuvée au Parlement espagnol, en première lecture, la proposition de loi de « régulation de l’euthanasie », ce jeudi 17 décembre. Après son passage au Sénat, où elle ne devrait subir aucune modification, la loi devra être validée une nouvelle fois au Congrès des députés, pour entrer en vigueur dès le premier mois de l’année 2021. « C’est une grande conquête sociale pour notre pays, s’est félicité le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, sur Twitter, à l’issue du vote. Nous avançons en liberté, en droits civils et en dignité. »

Après les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, le Canada et la Nouvelle-Zélande, l’Espagne s’apprête ainsi à devenir le sixième pays au monde autorisant l’euthanasie. Toutefois, la loi espagnole offre « un surcroît de garanties », qui la rend « extrêmement protectrice », a tenu à insister le Parti socialiste.

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Seules y auront accès les personnes majeures, victimes d’une « souffrance grave chronique et invalidante ou d’une maladie grave et incurable », certifiée par un médecin. Elles devront en faire la demande alors qu’elles disposent de toutes leurs facultés pour décider en « conscience », connaître les possibilités existantes pour soulager leur douleur, et réaffirmer leur décision à quatre reprises durant le processus.

La procédure impose en outre un temps de réflexion de dix jours et l’avis d’une commission d’évaluation indépendante, formée de médecins et de juristes, ce qui devrait fixer un délai minimum d’un mois pour rendre effective toute demande d’euthanasie. Celle-ci pourra être pratiquée dans un hôpital public ou privé ou à domicile. En cas d’incapacité physique à formuler le désir d’abréger sa vie, un « représentant légal » pourra en faire la demande à la place du malade, si celui-ci a rédigé en amont un testament vital prévoyant cette hypothèse.

Dans tous les cas, les médecins, très divisés sur le texte, pourront faire objection de conscience. Le Conseil général des collèges officiels de médecins s’est prononcé contre la loi, cependant plusieurs enquêtes d’opinion indiquent un soutien supérieur à 60 % parmi les professionnels.

Pétition citoyenne

Plus généralement, la population espagnole semble très largement favorable à cette réforme. Les derniers sondages qui datent de 2019 portent à plus de 80 % le soutien à la régularisation de l’euthanasie et en 2019, plus d’un million d’Espagnols ont signé une pétition citoyenne en faveur de sa dépénalisation.

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