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Le groupe SOS, spécialisé dans l’économie sociale et solidaire, s’aventure dans le cinéma

Projection organisée à l’initiative du collectif Home cinéma en soutien au cinéma associatif La Clef, à Paris, le 1er mai 2020.

En pleine crise sanitaire, économique et sociale, nombre de groupes se replient sur leur métier de base. Pas SOS. Le numéro un français de l’économie sociale s’apprête à entrer dans un nouveau domaine à l’avenir particulièrement incertain : les salles de cinéma. Un compromis pour acquérir un premier lieu, La Clef, dans le 5e arrondissement de Paris, a été conclu le 30 novembre, pour 4,2 millions d’euros. Et malgré les critiques virulentes de l’association qui occupe l’endroit, cette opération test en annonce sans doute d’autres.

« La Clef sera un laboratoire, pour voir si nous pouvons répliquer ailleurs le modèle que nous avons en tête, annonce Nicolas Froissard, l’un des principaux dirigeants du groupe associatif. Certains cinémas vont avoir du mal à se relever de la crise qui les a contraints à rester longtemps fermés. Si on peut en sauver certains, ce sera avec plaisir. Le cinéma, c’est de l’emploi, de la culture, du lien social. Donc cela nous parle. »

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Difficile de se plaindre, la cause est trop belle ! » : dans l’économie sociale, quand la quête d’idéaux vire au burn out

Au départ, l’arrivée de SOS dans les salles de cinéma tient un peu du concours de circonstances. En août 2020, ses dirigeants reçoivent un appel à l’aide d’une poignée de cinéphiles acharnés, réunis au sein de l’association Home cinéma. Très attachés à La Clef, « le dernier cinéma associatif de Paris », officiellement fermé depuis avril 2018, ces derniers occupent illégalement le bâtiment et continuent d’y projeter des films tous les jours, avec succès. Mais ils savent leur situation très fragile. Le propriétaire, le conseil social et économique de la Caisse d’épargne Ile-de-France, est décidé à vendre les lieux. Et, au préalable, à en faire évacuer les occupants sans droit ni titre.

Réticences

Pour protéger de la spéculation immobilière leur vieille salle du Quartier latin, ouverte en 1969, les rebelles de Home cinéma cherchent des partenaires. Avec SOS, cependant, les relations se tendent rapidement. Le groupe se dit certes disposé à acheter les murs tout en garantissant au collectif qu’il restera aux commandes, avec une « totale indépendance » en matière de programmation. Mais cette promesse pèse peu au regard de l’identité du groupe SOS et de son patron.

« Nous ne pouvons pas donner les clés du cinéma à un groupe devenu hégémonique dans l’économie sociale et solidaire », explique Derek Woolfenden, de l’association Home cinéma

« Nous qui défendons les occupations précaires, les tiers lieux, l’indépendance politique, nous ne pouvons pas donner les clés du cinéma à un groupe devenu hégémonique dans l’économie sociale et solidaire », explique Derek Woolfenden, un des animateurs de Home cinéma. Après enquête, les cinéphiles mettent en cause les méthodes employées par SOS dans les structures qu’il reprend : « remplacement d’une partie du personnel, précarisation de celles et ceux qui restent, mise en place d’une gouvernance clanique, restructurations radicales ». Surtout, ils ne veulent pour rien au monde pactiser avec Jean-Marc Borello, fondateur et patron de SOS, mais aussi l’un des piliers de La République en marche (LRM).

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