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Le gouvernement confirme qu’il n’y aura pas de coup de pouce au smic

La ministre du travail, Elisabeth Borne, le 15 octobre, à Paris.

La messe avait été dite avant même le début de l’office. Mercredi 16 décembre, lors du conseil des ministres, il a été décidé que le smic augmentera de 0,99 % début 2021, sans que cette hausse soit assortie d’un coup de pouce. Concrètement, le salaire minimum passera à 10,25 euros brut de l’heure, soit 1 554 euros brut par mois, ce qui équivaut à un relèvement de 15 euros brut par mois. « Ça peut paraître peu », a reconnu, mercredi sur LCI, la ministre du travail, Elisabeth Borne. Mais « il faut aussi avoir en tête qu’on a une inflation qui est proche de zéro et donc, c’est la plus forte hausse de pouvoir d’achat depuis les dix dernières années », a-t-elle complété.

Cette annonce confirme de récents propos de Jean Castex : le 3 décembre, le chef du gouvernement avait affirmé que le smic serait « vraisemblablement » revalorisé selon la seule règle d’indexation obligatoire et qu’aucun bonus ne serait ajouté.

Chaque année, peu avant Noël, l’Etat fixe le montant auquel est porté le salaire minimum à partir du 1er janvier suivant. Les textes prévoient une progression, tous les douze mois, calée sur la combinaison de deux valeurs : l’inflation (telle qu’elle est mesurée pour les 20 % de ménages les plus modestes) et la moitié des gains de pouvoir d’achat du salaire horaire de base des ouvriers et des employés (SHBOE). En plus de cet accroissement, qui est donc de droit, l’exécutif a la possibilité d’accorder une majoration supplémentaire, ce qu’il a fait, pour la dernière fois, au début du quinquennat de François Hollande, en 2012. Depuis, le smic a évolué uniquement en vertu de la formule de « revalorisation automatique » (hausse des prix + SHBOE, donc).

Défense de l’emploi

Les choix du gouvernement sont éclairés par un groupe d’experts qui remet, chaque année, un rapport dont les recommandations sont d’une grande constance. Présidé par l’économiste Gilbert Cette, ce comité de sachants a, comme lors des précédents exercices, préconisé de « s’abstenir de tout coup de pouce ». Si le gouvernement en donnait un, cela « risquerait d’être préjudiciable à l’emploi des personnes les plus vulnérables », soulignent les experts dans leur rapport, car le renchérissement du coût du travail pourrait avoir un impact négatif sur les embauches des personnes payées au smic (ou proches du smic). Autrement dit, dans un contexte de récession exceptionnelle et avec une économie française qui était déjà « fragile » avant la crise liée à l’épidémie de Covid-19, la défense de l’emploi doit primer sur l’amélioration du pouvoir d’achat. Des arguments auxquels l’exécutif s’est rallié.

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