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Le gouvernement annonce l’abandon du projet de nouveau terminal à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle

Vue depuis le terminal 2E de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, le 12 mai 2020.

Les grands projets aéroportuaires ont du plomb dans l’aile. Trois ans après l’arrêt de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), le projet de construction d’un quatrième terminal à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, le T4, est lui aussi abandonné.

« Le gouvernement a demandé [à Groupe] ADP d’abandonner son projet et de lui en présenter un nouveau, plus cohérent avec ses objectifs de lutte contre le changement climatique et de protection de l’environnement », a annoncé au Monde la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, jeudi 11 février. Le conseil d’administration de Groupe ADP, gestionnaire des aéroports parisiens de Roissy et d’Orly, devrait entériner cette décision la semaine prochaine.

Ce projet colossal (estimé entre 7 milliards et 9 milliards d’euros) devait permettre d’accueillir jusqu’à 40 millions de passagers supplémentaires par an à l’horizon 2037 et d’absorber environ 450 vols de plus chaque jour. Un aéroport dans l’aéroport, comme si Orly – et ses 30 millions de passagers annuels – était intégré dans Roissy.

« C’est un projet obsolète, qui ne correspondait plus à la politique environnementale du gouvernement et aux exigences d’un secteur en pleine mutation, tourné vers l’avion vert de demain », justifie la ministre.

La crise sanitaire et la chute du trafic aérien sont également passées par là. Le projet était basé sur des perspectives de forte croissance du trafic (8,2 milliards de passagers dans le monde en 2037 contre 4,1 milliards en 2017). Or, en décembre 2020, le trafic n’atteignait guère que 25 % du niveau pré-crise et les perspectives de moyen terme sont inexistantes.

Nouvelle feuille de route

Le gouvernement demande désormais à Groupe ADP de proposer un tout autre projet, qui ne sera pas centré sur l’accroissement des capacités de Roissy. « Nous aurons toujours besoin des avions, mais il s’agit d’être dans une utilisation plus raisonnée de l’aérien, et d’atteindre une baisse des émissions de gaz à effet de serre du secteur », poursuit Barbara Pompili.

Ce nouveau chantier devra comporter trois dimensions selon la nouvelle feuille de route du gouvernement. D’abord, l’amélioration des infrastructures pour augmenter l’intermodalité avec le train – l’idée est de favoriser l’accès par le rail à Roissy et non par des vols domestiques. Ensuite, l’essor de la géothermie pour chauffer l’ensemble de l’aéroport et réduire sa consommation énergétique. Enfin, l’adaptation à des avions à hydrogène ou électriques, alors que le plan de relance investit 1,5 milliard d’euros pour mettre au point un avion neutre en carbone d’ici à 2035.

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