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Le couvre-feu a eu un effet limité sur les déplacements des Français

Dans un tram, peu avant le couvre-feu, le 26 janvier à Nice.

Quel pourrait être l’efficacité d’un troisième confinement dans une France au bord du « ras-le-bol » ? Cette question est dans tous les esprits alors qu’une nouvelle vague épidémique se dessine et que l’horizon d’une immunité collective acquise grâce au vaccin ne cesse de reculer. Difficile à anticiper, le respect des mesures prises pour freiner la diffusion du virus peut en revanche être apprécié après coup grâce à l’analyse des données de mobilité.

C’est ce qu’ont fait au début de l’épidémie les chercheurs de l’Inserm (EPIcx-Lab) en partenariat avec l’opérateur téléphonique Orange. Et leurs derniers résultats, inédits, montrent que le niveau de mobilité des Français était, début février, 20 % inférieur à ce qu’il était avant la pandémie. Ce chiffre apparaît relativement stable depuis le début du mois de décembre 2020, malgré des restrictions de circulation différentes : confinement puis couvre-feu national à 20 heures depuis le 15 décembre, et 18 heures depuis le 16 janvier.

Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont découpé la France en un peu moins de 1 500 zones et estimé – grâce aux données issues du réseau mobile d’Orange – le nombre de trajet quotidien entre ces zones. Pour qu’un trajet soit comptabilisé, la personne doit avoir passé au moins une heure dans la zone de départ, et au moins une heure dans la zone d’arrivée.

« Le respect des mesures de restriction s’érode avec le temps »

Depuis la rentrée du 4 janvier, les Français se déplacent de plus en plus, et le couvre-feu national à 18 heures n’a eu que peu d’effet sur cette tendance. « Il est possible que les Français aient réorganisé leur journée tout en respectant les mesures », indique l’épidémiologiste Eugenio Valdano en précisant que d’autres sources de données comme les rapports de Google Mobility confirment que la fréquentation de nombreux lieux – bureaux, transports en commun – reste inférieure à ce qu’elle était avant l’épidémie.

Lire le récit : « Marre du Covid-19 » : de confinements en couvre-feux, le récit d’une France qui en a « ras le bol »

Lors du premier confinement, à partir du 17 mars 2020, la mobilité à l’échelle nationale avait chuté de 65 % par rapport à la période prépandémique (la mobilité en février 2020, hors vacances scolaires, a été prise comme période de référence). Lors du second confinement, à compter du 30 octobre, elle n’a diminué que de 35 %. La mobilité est aussi repartie à la hausse plus vite : après seulement deux semaines de confinement à l’automne, contre cinq semaines au printemps.

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