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Le Conseil national du numérique amorce sa mue

Le secrétaire d’Etat chargé de la transition numérique, Cédric O, à Paris, le 29 mai 2020.

Changement de casting à la tête du Conseil national du numérique (CNNum). Après Salwa Toko, c’est le tandem formé par Gilles Babinet, multientrepreneur et figure bien connue des start-up françaises, et Françoise Mercadal-Delassales, directrice générale du Crédit du Nord, qui prend les commandes de cette institution, jeudi 11 février. Tous deux siégeaient jusqu’alors au collège du CNNum.

Sous leur mandat, l’institution, fondée en 2011, est appelée à se réformer. « Le CNNum n’a plus vocation à être l’aiguillon des start-up pour aider l’Etat à se transformer », comme c’était le cas à sa création, estime le secrétaire d’Etat chargé de la transition numérique, Cédric O. « D’autres acteurs jouent ce rôle, et la French Tech a beaucoup d’autres relais. Ce qui manque aujourd’hui, c’est une réflexion plus académique, presque anthropologique, sur le numérique. »

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Cette volonté affichée transparaît dans la composition du collège, au format resserré. Outre les quatre parlementaires (LR, LREM, PS) qui y siègent de droit, la nouvelle équipe est composée essentiellement d’intellectuels et d’universitaires d’horizons divers, dont le psychiatre Serge Tisseron. Une seule membre représente directement le monde des start-up.

« Des revers à la médaille »

Ce virage correspond à un constat partagé par les deux coprésidents, qui s’accordent à dire que le CNNum des premières années a beaucoup fait pour adapter l’Etat à la transition digitale. Cependant, ils observent que le numérique a, depuis, révélé également certains travers (temps passé devant un écran, atteintes à la vie privée…). « On se rend compte qu’il y a des revers à la médaille. Il faut qu’on pose ces débats », explique Françoise Mercadal-Delassales.

Le CNNum nouvelle génération entend modifier ses pratiques. Il s’agira de moins assister l’Etat dans son action au quotidien. « L’objectif est de tirer un peu plus court. Ce n’est pas la loi qu’on vise, mais plutôt les principes qui vont sous-tendre une loi », assume M. Babinet. Les nouveaux coprésidents se refusent à dérouler un agenda des thèmes qu’ils vont traiter. « Il faut qu’on commence par ce débat entre nous pour poser les problématiques », relève Mme Mercadal-Delassales.

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A défaut d’agenda, la nouvelle direction a les yeux rivés sur le calendrier. Elle compte intervenir d’ici à fin 2021, avant la présidentielle de 2022. « On veut pouvoir alimenter le débat », souligne M. Babinet. Ce qu’assume complètement Cédric O. « La question du numérique est profondément politique, car c’est une question de choix de société. On a besoin d’un corpus politique sur ce qu’est cette transformation du numérique, de rentrer dans la complexité de cette transition ».

Dans ce contexte, M. Babinet revendique l’indépendance du CNNum : « On va y aller à fond. Ça ne veut pas dire qu’on est dans une logique d’opposition, ce n’est pas l’esprit, mais qu’on aura une vraie liberté ». Avec un objectif que résume Mme Mercadal-Delassales : « Le but c’est de servir nos concitoyens, leur donner des éléments de réflexion qui leur permettent de se positionner. »

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