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Le 4 avril 2020, un réfugié soudanais tuait deux personnes dans une attaque au couteau. Retour à Romans-sur-Isère, la ville de l’attentat oublié

Par Christophe Ayad

Publié aujourd’hui à 05h28, mis à jour à 13h15

Ce jour-là aussi, il faisait grand beau temps. Pas une ombre pour se mettre à l’abri du destin. Et hier comme aujourd’hui, le coronavirus qui plane toujours sur nos vies. Samedi 3 avril, les habitants de Romans-sur-Isère étaient invités à se recueillir à la mémoire des victimes de l’attentat commis il y a un an, en plein confinement, frappant d’horreur la petite ville de la Drôme déjà abasourdie par la pandémie.

L’hommage était initialement prévu dimanche 4 avril, jour anniversaire de l’attaque au couteau dans laquelle deux personnes ont été tuées et cinq autres blessées. Mais la fatalité est encore venue s’acharner, avec l’annonce de nouvelles restrictions liées à la situation sanitaire.

Une statue du sculpteur local Toros, en hommage aux victimes de l’attentat, le 3 avril à Romans-sur-Isère (Drôme).

La cérémonie a donc été avancée de vingt-quatre heures. Quelque 250 personnes, très émues, y ont assisté en présence de la famille de Julien Vinson, mort sur le coup, et d’une blessée, Emmanuelle Blachon. C’est à la fois peu et beaucoup pour une ville de 35 000 habitants, un samedi à la veille du confinement. Le glas de la tour Jacquemart – elle remonte au Moyen Age et domine la vieille ville – a sonné. La maire, Marie-Hélène Thoraval, a prononcé un discours, la sous-préfète aussi. Une statue du sculpteur local Toros, représentant un penseur, a été dévoilée. Toros aussi est décédé en 2020, mais de mort naturelle. Sale année.

Il y a un an, Abdallah Ahmed-Osman, un réfugié soudanais inconnu de tous, sortait de son appartement, dans la vieille ville de Romans, et entamait son parcours meurtrier de dix-neuf minutes au pied de la tour carrée Jacquemart.

Le glas de la Tour Jacquemart, monument emblématique de la ville, a sonné en hommage au victimes de l’attentat. Le tabac-presse Le Flash, le 3 avril.

D’abord, il agresse le couple de propriétaires du tabac-presse Le Flash, où il avait l’habitude d’aller acheter ses cigarettes, blessant l’homme grièvement et, plus légèrement, la femme qui s’était interposée. La lame de son couteau ayant cassé sous la violence de ses coups, il se rend ensuite dans la boucherie Breyton, sur l’avenue principale. Il passe derrière le comptoir, saisit un grand coutelas et poignarde à mort Thierry Nivon, un ingénieur informatique de 44 ans venu de Châtillon-Saint-Jean faire ses courses. De retour dans la rue, l’agresseur demande à un vieil Arabe s’il est musulman. L’homme répond qu’il est français : un coup de couteau dans le dos.

Une ville en état de désolation

Abdallah Ahmed-Osman s’enfonce ensuite dans les ruelles entre la gare et le cours Pierre-Didier. Un homme est sorti dans la rue Guillaume pour ouvrir ses volets. Julien Vinson, gérant de La Charrette, célèbre café-concert local, est lacéré de vingt-deux coups de lame, dont plusieurs au visage. Il agonise sous les yeux de sa compagne et de son fils de 12 ans. Plus loin, un autre homme fume à sa fenêtre : le meurtrier lui perfore le poumon.

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