Actualités

Le 39 19, numéro d’aide aux femmes victimes de violences, va-t-il changer de numéro ?

Le 39 19, ligne d’écoute nationale destinée aux femmes victimes de violences, va-t-il changer de numéro avec le marché public lancé en décembre par le gouvernement ? Le collectif #NousToutes et la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF) s’inquiètent de cette possibilité. Cette ligne téléphonique, créée et gérée par la FNSF depuis 1992, est l’une des armes utilisées par le gouvernement pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes.

Quelque 30 % des Français estiment connaître le 39 19 en 2020, selon une recherche menée par l’institut Harris Interactive pour le Service d’information du gouvernement. Cette popularité croissante s’explique notamment par la campagne de sensibilisation menée en mars, lors du premier confinement, par Marlène Schiappa, lorsqu’elle était encore secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Violences conjugales : « Le confinement est devenu un instrument supplémentaire pour les agresseurs »

Le collectif féministe #NousToutes a indiqué sur les réseaux sociaux, mardi 13 janvier, que le 39 19 pourrait être remplacé par un autre numéro. « On découvre que le gouvernement a prévu en 2021 de supprimer purement et simplement le numéro d’aide aux femmes victimes de violences », a déclaré sur Twitter Caroline De Haas, une des figures militantes du collectif.

« La marque associée au service d’écoute est (…) en cours de définition », explique la Direction générale de la cohésion sociale. Ce qui signifierait, selon #NousToutes, que le numéro de la ligne d’écoute pourrait changer.

« Ne pas interrompre le service »

Le 39 19 appartient à la FNSF. « C’est une marque déposée », précise Françoise Brié, directrice de la fédération. Avec le marché public lancé par le gouvernement le 15 décembre 2020, la gestion de la ligne d’écoute risque d’être déléguée à un autre organisme, qui n’a pas en sa possession ledit numéro téléphonique.

« Nous n’avons pas pour intention de changer le numéro ni de supprimer le 39 19 », assure-t-on au cabinet d’Elisabeth Moreno, la ministre déléguée à l’égalité femmes-hommes. Mais le ministère n’indique pas comment il compte conserver le 39 19 alors que ce numéro n’appartient pas au gouvernement.

Le marché public lancé par la nouvelle ministre a pour objectif de rendre « accessible 24/24h et 7j/7 » le 39 19 dès 2021. « Passer par cet appel à la concurrence était obligatoire juridiquement pour renforcer la ligne d’écoute », se justifie le ministère, pour qui la priorité est avant tout « de ne pas interrompre le service » qui aide chaque semaine plusieurs milliers de femmes.

Lire aussi la tribune : « Demain, qui répondra aux appels des femmes victimes de violences ? »

Déjà en novembre, Elisabeth Moreno a tenté de rassurer les associations féministes en déclarant au Monde que les entreprises retenues pour cet appel d’offres devraient être issues du secteur de l’économie sociale et solidaire. Mais les associations redoutent toujours de voir le 39 19 passer du public au privé, alors qu’une pétition en ligne pour « sauver le 39 19 » a recueilli près de 62 000 signatures.

« Recommencer de zéro »

Changer ce numéro aurait de réelles conséquences, selon les associations. Le 39 19 fait l’objet de larges campagnes de popularisation ces dernières années, « soutenues par les médias, associations féministes et institutions » et il est devenu si populaire « qu’il est imprimé et placardé dans la plupart des lieux sociaux destinés à la prise en charge de victimes », rappelle Caroline De Haas. Il est aussi largement diffusé sur les réseaux sociaux par les pouvoirs publics et les internautes.

« Si le 39 19 change de numéro, il faudra recommencer de zéro pour faire connaître la ligne d’écoute pour les femmes victimes de violences », se désole #NousToutes. Cela était déjà arrivé avant que la ligne d’écoute ne devienne le 39 19, en 1989. « Le service avait été interrompu et les femmes continuaient d’appeler dans l’espoir d’être prises en charge », se souvient Françoise Brié de la FNSP.

L’égalité entre les femmes et les hommes a été déclarée « grande cause du quinquennat » par Emmanuel Macron. Lors du deuxième confinement en France, les signalements pour violences conjugales ont explosé de 60 %.

Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

Most Popular

Retrouvez toute l'actualité française et internationale sur France Actus.

© 2020 FRANCE ACTUS - TOUS DROITS RÉSERVÉS

To Top