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L’ambitieuse stratégie de la France pour préserver ses aires protégées

Le One Planet Summit le 11 janvier à l’Elysée.

C’est un document qui fixe le cap pour la prochaine décennie et qui doit permettre de démontrer l’exemplarité de la France sur la scène internationale.

Attendue depuis plusieurs mois, la publication de la stratégie nationale des aires protégées a finalement été annoncée par le président de la République Emmanuel Macron lui-même, lors du One Planet Summit réuni lundi 11 janvier à l’Elysée, et le texte rendu public le lendemain – quelques jours avant ce qui était prévu.

Cette feuille de route, qui vise à enrayer la perte de biodiversité d’ici à 2030, constitue la première stratégie globale intégrant à la fois la métropole et les outre-mer ainsi que les enjeux terrestres et maritimes. Elle se décline en sept grands objectifs et dix-huit mesures visant non seulement à développer le réseau d’aires protégées – qui couvre aujourd’hui 29,5 % des terres et 23,5 % des mers – mais aussi à renforcer sa cohérence. Ce maillage doit s’efforcer de représenter une diversité d’écosystèmes, d’habitats et d’espèces dans l’ensemble des régions et des principes de gestion et de mesures de l’efficacité sont énoncés.

La stratégie rappelle aussi la « responsabilité » que porte le pays, qui abrite environ 10 % des espèces connues et 7 millions d’hectares de forêts tropicales. La France est particulièrement attendue sur le front des mers et des océans : elle dispose du deuxième plus vaste espace maritime au monde, qui inclut notamment 55 000 km2 de récifs coralliens et de lagons.

Protéger un tiers de la surface de la Terre d’ici à 2030

Forte de ce poids particulier, la France affiche l’ambition de faire adopter l’objectif de protéger un tiers de la surface de la Terre d’ici à 2030 lors de la 15conférence mondiale sur la biodiversité prévue en fin d’année en Chine. Au niveau national, elle ira donc encore plus vite.

Emmanuel Macron l’avait annoncé en mai 2019 après la publication d’un rapport annonçant qu’un million d’espèces étaient menacées d’extinction. « D’ici à 2022, nous porterons à 30 % la part de nos aires marines et terrestres protégées, dont un tiers d’aires protégées en pleine naturalité », disait-il alors. Depuis, la notion de pleine naturalité a été remplacée par celle de protection forte : dans ces zones, les pressions engendrées par les activités humaines seront « supprimées ou significativement limitées », affirme la stratégie.

Ce point a fait débat au cours des quinze mois de concertations et ne convainc toujours pas totalement. Les grandes ONG de défense de l’océan (Bloom, Greenpeace, Oceana, Pew…) se sont mises à onze pour exprimer leur déception au sujet de cette définition qui revient, à leurs yeux, à réduire « une zone de protection forte à la française » au rang de simple aire marine protégée au niveau international.

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