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Laïcité, discriminations… : à la RATP, Frédéric Potier hérite d’un poste élargi et sous tension

Il sera donc le « M. Laïcité » de la RATP ; mais aussi son « M. Antidiscriminations », son « M. Prévention des conflits, son « M. Antisexisme », son « M. Diversité »… Nul doute que l’action de Frédéric Potier, nommé délégué général à l’éthique et à la conformité (DGEC) de la RATP, vendredi 12 février, sera scrutée attentivement. Le jeune préfet (41 ans), ex-délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, hérite d’un poste élargi, doté de missions auparavant réparties dans plusieurs directions du groupe. Il sera directement rattaché à la PDG de la RATP, Catherine Guillouard, et siégera au comité de direction.

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« Nous avons souhaité nous inspirer des meilleures pratiques des groupes équivalents au nôtre, explique Jean Agulhon, directeur des ressources humaines du groupe RATP (5,7 milliards de chiffre d’affaires en 2019). La fonction reposera sur trois piliers : la conformité, la lutte contre toutes les discriminations, la promotion des principes de laïcité. Nous y ajoutons une mission de facilitation du dialogue dans le but de prévenir les conflits. »

A la fois vigie et médiateur, M. Potier prend la suite de Jérôme Harnois, patron des risques, des questions juridiques et de la sûreté, qui assurait l’intérim du poste. A la RATP, on assure que ce nouveau dispositif ne présage pas d’un changement de stratégie. « Nous allons poursuivre les actions et la politique engagées, mais au sein d’un périmètre plus vaste », indique M. Agulhon.

Recensement des conduites problématiques

Les questions éthiques – et en particulier concernant la laïcité et la radicalisation – ont pris une dimension explosive et tragique à la RATP après l’attaque du Bataclan, le 13 novembre 2015 et la découverte que l’un des tireurs, Samy Amimour, avait travaillé en 2012 comme chauffeur de bus en Seine-Saint-Denis. Depuis, toute incartade présumée aux principes de laïcité et de neutralité religieuse au sein de la régie parisienne est une affaire sensible, quitte à être montée en épingle. Ainsi de ce conducteur qui aurait refusé de laisser monter une jeune femme en jupe en mai 2019. Finalement, après enquête, aucune violation des règles n’a été identifiée. Et aucun des protagonistes n’a d’ailleurs porté plainte.

La RATP a mis en place dès février 2016 un plan global baptisé « Travailler ensemble », qui a organisé un recensement régulier des conduites problématiques, un agent qui tiendrait des propos sexistes, par exemple. « Nous tâchons de repérer tout manquement ou comportement discriminatoire, explique M. Agulhon, et nous sanctionnons de manière graduée. Jusqu’au licenciement. »

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