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L’Afrique face au Covid-19 : douze pays ont reçu des vaccins chinois

La Chine offre son « vaccin du peuple »

La Mauritanie a reçu 50 000 doses du vaccin chinois Sinopharm, mercredi 24 mars, ainsi qu’un lot de respirateurs envoyé par Pékin. « C’est un événement majeur dans l’histoire des relations sino-mauritaniennes, marquant une nouvelle étape dans la coopération bilatérale dans la lutte contre la pandémie » de Covid-19, s’est félicité le chargé d’affaires Wang Jian sur le site de l’ambassade de Chine à Nouakchott.

Il fait également la liste des précédents dons accordés et vante la diplomatie chinoise en faveur d’un « vaccin du peuple », « accessible, abordable et fiable » pour tous les pays en développement. Selon les affirmations de M. Wang, Pékin est « en train d’accorder l’aide vaccinale sans contrepartie à 69 pays en développement, a exporté ou est en train d’exporter des vaccins dans plus de 40 pays [à travers le monde] et soutient une dizaine de pays dans la production et la transformation de vaccins chinois, contribuant ainsi à accroître la capacité de production mondiale ».

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Outre la Mauritanie, onze pays africains ont reçu le vaccin chinois : le Congo-Brazzaville, l’Egypte, le Gabon, la Guinée, la Guinée équatoriale, le Maroc, le Mozambique, le Niger, le Sénégal, les Seychelles et le Zimbabwe. Le Niger est celui qui en a reçu la plus grosse quantité, avec 400 000 doses.

Un panneau indiquant « Le vaccin chinois est là », à Nouakchott, le 22 mars 2021.

La Mauritanie, qui participe au mécanisme de solidarité international Covax, attend un lot de 300 000 doses d’AstraZeneca fournies par le Serum Institute of India (SII), auquel l’entreprise anglo-suédoise a cédé une licence de fabrication. Mais la décision de l’Inde de suspendre les exportations du SII pour approvisionner davantage le marché domestique va retarder les livraisons. L’Alliance du vaccin GAVI, qui est un des partenaires de l’initiative Covax, a engagé des discussions avec le gouvernement indien.

Presque tous les pays africains dépendent du mécanisme de solidarité internationale pour démarrer leur campagne de vaccination. Depuis début mars, le continent a reçu 16 millions de doses sur les 600 millions promises cette année afin d’immuniser 20 % de la population. Une dizaine de pays attendent encore leur première livraison.

Madagascar ouvre la porte au vaccin

Après des mois de tergiversations, le président malgache, Andry Rajoelina, a finalement décidé d’introduire la vaccination dans le protocole de lutte contre le Covid-19 à côté du CVO+, le remède traditionnel à base d’artemisia dont il fait la promotion depuis un an. L’Etat avancera « vers l’examen et l’utilisation des vaccins efficaces contre les variants du Covid-19 », précise l’annonce faite jeudi à l’issue d’une rencontre avec l’Académie nationale de médecine. Lors de sa dernière allocution, le 20 mars, le chef de l’Etat avait justifié ses hésitations par l’inefficacité des vaccins sur le variant dit « sud-africain », qui est très probablement à l’origine de la flambée des contaminations enregistrées sur la Grande Ile depuis quelques semaines. Le sérum d’AstraZeneca proposé par le mécanisme de solidarité Covax était visé.

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Le revirement d’Andry Rajoelina va soulager tous les citoyens qui désespéraient de voir le président s’obstiner dans son isolement. Depuis le 16 mars, une pétition citoyenne circule pour réclamer le droit de se faire vacciner. Adressée au chef de l’Etat et au ministre de la santé, elle demande « humblement de mettre très bientôt le vaccin à disposition des Malagasy qui le souhaitent », rappelant que « l’accès au vaccin disponible est un droit humain fondamental » et que « ne pas pouvoir y avoir accès ne fait que renforcer l’anxiété et les frustrations [apparues] depuis le début de la crise sanitaire ». Environ 700 personnes l’ont pour l’instant signée.

L’Union africaine introduit un « pass voyage »

Un « pass voyage » numérique permettant de vérifier que les voyageurs ne sont pas porteurs du Covid-19 va être déployé sur le continent. Deux compagnies aériennes, Kenya Airways et Ethiopian Airlines, l’ont déjà adopté. Ce passeport, élaboré avec l’appui du Centre africain pour la prévention et le contrôle des maladies (CDC-Africa), informe les voyageurs des mesures sanitaires exigées à l’entrée du pays dans lequel ils veulent se rendre et permet de vérifier la validité des tests PCR présentés. Une liste de laboratoires accrédités pour réaliser ces tests a été établie pour éliminer les risques de documents falsifiés. Il est prévu d’étendre les informations requises à la vaccination contre le Covid-19 lorsque tous les Africains y auront eu accès.

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