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La santé environnementale doit devenir « une priorité du XXIe siècle »

A Sainte-Pazanne (Loire-Atlantique), le 25 novembre 2019. La commune fait face à de nombreux cas de cancers pédiatriques.

La santé environnementale, comprendre les impacts qu’ont les humains sur l’environnement et, en effet boomerang, leurs conséquences sur la santé humaine, doit être « une priorité du vingt et unième siècle ». Tel est le message principal du rapport de la commission d’enquête parlementaire sur l’évaluation des politiques publiques de santé environnementale adopté mercredi 16 décembre par les députés.

Il prend une résonance particulière en pleine crise du coronavirus. « Qui n’a pas perdu un proche atteint par le Covid-19, une maladie qui fait son lit des comorbidités d’origine environnementale ? Cancers, obésité, diabète ont constitué des terreaux favorables à la létalité du virus, écrit la rapporteuse, Sandrine Josso. Et nous savons d’ores et déjà que ces maladies sont dues, au moins en partie, à des facteurs environnementaux d’origine humaine, comme l’usage des pesticides ou l’ingestion de perturbateurs endocriniens. »

A l’initiative de cette commission d’enquête, la députée (MoDem) de Loire-Atlantique a été confrontée à ces maladies dont les réponses des pouvoirs publics nourrissent des « inquiétudes » et une « défiance » croissante parmi la population. A titre personnel car l’un de ses enfants a eu un cancer, et parce qu’une commune de sa circonscription, Sainte-Pazanne, fait face à de nombreux cas de cancers pédiatriques.

L’enjeu est considérable. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 15 % de la mortalité française serait liée à des causes environnementales au sens large : pollution de l’air, qualité de l’alimentation, mode de vie, etc.

« Indicateurs imprécis »

Depuis 2004, la France dispose d’un plan national santé environnement (PNSE). Il est censé programmer un ensemble d’actions visant à prévenir et à réduire les risques sanitaires liés aux dégradations de l’environnement sous toutes les formes : pollutions de l’air, de l’eau ou des sols, exposition aux produits chimiques dangereux, aux champs électromagnétiques ou encore au bruit.

Le quatrième PNSE, qui doit couvrir la période 2020-2024, était en consultation publique jusqu’au 9 décembre. Sera-t-il plus efficace que les précédents ? La rapporteuse en doute : « Il n’y a ni chiffre ni contenu. » Le PNSE 3 – qui comportait 110 mesures contre 19 « actions » pour celui-là – n’avait fait l’objet d’aucun suivi ou presque. Avec, au bout du compte, aucun impact sanitaire positif mesurable. Le rapport pointe ainsi des « indicateurs imprécis » qui rendent une « véritable évaluation difficile » ou encore « un pilotage éclaté qui nuit à l’intelligibilité et à la crédibilité des actions ».

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