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La Réunion : le président du conseil régional épinglé pour son cabinet trop « politique »

Candidat à un troisième mandat, le président du conseil régional de La Réunion, Didier Robert (divers droite), va devoir affronter localement une nouvelle tempête politique. Condamné le 21 mai à quinze mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité par le tribunal judiciaire de Saint-Denis, après avoir perçu des rémunérations litigieuses dans la société publique Réunion des musées régionaux, Didier Robert, qui a fait appel, est épinglé pour s’être entouré d’un cabinet pléthorique et très coûteux. Selon un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC), le responsable de la collectivité disposait en 2020 « d’au moins » 22 conseillers techniques et chargés de mission, en plus des six collaborateurs autorisés par la loi. Pour un coût de plus de 1,4 million d’euros par an. Bouclé en février, ce rapport d’observations définitives sur « la gestion des ressources humaines du conseil régional », dont Le Monde a pris connaissance, n’a pas encore été soumis à l’Assemblée.

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Selon l’analyse de la CRC, ces conseillers techniques n’occupent pas des fonctions purement administratives mais remplissent des missions qui « s’apparentent à des activités politiques ». Ils doivent être comptés parmi les collaborateurs de cabinet dont l’emploi par des autorités territoriales est strictement encadré par une loi de 1987. Contactée, la région Réunion conteste les conclusions de la CRC et estime que « la situation de ces agents est conforme à l’état du droit ». Mais, selon le rapport, leurs fonctions et leur parcours professionnels indiquent « un engagement personnel de nature politique et une relation de confiance au président de région ».

La CRC souligne que ces recrutements ont été opérés de façon « discrétionnaire », sans transparence et sans appel à candidature. Les magistrats financiers s’étonnent aussi que les fiches de poste de ces conseillers techniques soient « succinctes » et présentent « un caractère vague ». L’un d’eux est par exemple chargé du « suivi administratif des dossiers sous l’autorité du directeur ». Plusieurs sont désignés pour un secteur géographique, sans plus de précision. Un autre occupe des fonctions éloignées des compétences classiques d’une région en étant chargé des « relations avec les associations religieuses et communautaires de l’ouest » de l’île.

Soutiens ou alliés politiques

Le document remarque que les missions de plusieurs conseillers se « superposent » à celles des directions générales adjointes, notamment dans le domaine de l’économie, la formation professionnelle, ou encore la communication. Ces conseillers touchent une rémunération très confortable. En moyenne, 5 250 euros net mensuels alors que beaucoup ne travaillent pas à plein temps et occupent un autre emploi. La question de leur travail effectif se pose puisque l’un de ces conseillers n’avait pas rencontré le directeur de cabinet dix mois après sa prise de fonctions.

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