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La rescolarisation compliquée des élèves de Méo High School, collège-lycée hors contrat fermé à Paris

Une femme manifeste à Paris contre la loi « sécurité globale » et affiche sur sa pancarte son soutien à l’école MHS, le 12 décembre.

A s’interroger sur les raisons exactes de la fermeture, mi-novembre, de Méo High School (MHS) Paris, établissement privé hors contrat situé dans le 19arrondissement, on a fini par perdre de vue l’« essentiel », souffle-t-on dans les cercles d’enseignants : le devenir de ses 110 élèves, des collégiens et des lycéens dont la scolarité vient de marquer un coup d’arrêt.

Une structure dont beaucoup ignoraient l’existence jusqu’au communiqué conjoint de la Préfecture de police et du parquet de Paris se félicitant de sa fermeture administrative, le 9 décembre – jour de la présentation officielle du projet de loi « confortant les principes républicains » –, en l’inscrivant « dans le cadre de la lutte contre l’islamisme et le repli communautaire ». MHS, qui avait fait, en septembre, sa sixième rentrée des classes, se présente comme un établissement à « éthique universaliste ». Il accepte le port de signes religieux en son sein.

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Visé par deux procédures judiciaires liées au non-respect d’une décision de fermeture administrative, ce collège-lycée a fait l’objet d’une condamnation par le tribunal de Paris, le 18 novembre. La directrice, Hanane Loukili, qui y enseignait les mathématiques, n’a plus le droit d’exercer ou d’ouvrir un établissement pendant cinq ans. Un appel, non suspensif, a été formulé pour contester la décision. La plupart des élèves, ou en tout cas leurs parents, avaient été informés par les autorités académiques compétentes, dès le printemps, de la nécessité d’être rescolarisés ailleurs.

« Ma fille a été rétrogradée »

A ce jour, les parents d’élèves qui ont accepté de parler au Monde n’ont pas tous obtenu ou trouvé la réaffectation qui leur convient, alors que leurs enfants sont soumis à l’obligation scolaire. Beaucoup, sur les 70 familles qui fréquentaient l’établissement, comptent encore sur sa réouverture en septembre 2021. C’est le cas d’Hanâne, mère de trois enfants : « Si MHS rouvre, tous les trois reviendront étudier ici », assure-t-elle. Pour l’heure, ils sont inscrits aux cours à distance du CNED. D’autres parents ont fait le choix de l’instruction à domicile, une option pédagogique que le gouvernement entend, aujourd’hui, encadrer plus strictement.

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Daoud, papa de 42 ans, a vu ses deux enfants revenir dans le public, un passage qu’il espère « temporaire », listant des « défaillances » qu’il estime nombreuses : « le manque de moyens, les effectifs par classe, le non-remplacement des professeurs ou encore le manque de niveau ». « J’ai grandi et fait mes études à Stains [Seine-Saint-Denis], rapporte-t-il. J’avais l’impression de bénéficier d’un enseignement scolaire de seconde zone. Je ne veux pas que mes enfants subissent le même sort. »

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