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La réduction des coûts redevient une priorité des directeurs d’achats

Sur une chaîne de montage de Renault, à Flins-sur-Seine (Yvelines), en mai 2020.

L’étude annuelle du cabinet de conseil en achat AgileBuyer, publiée jeudi 14 janvier, révèle un revirement de tendance dans les priorités des directeurs et responsables d’achats des entreprises industrielles et des sociétés de services. L’objectif de réduction des coûts, qui avait perdu un peu de son importance depuis cinq ans (hors 2019), redevient prioritaire pour 77 % des professionnels sondés, qui recherchent en moyenne entre 5 % et 10 % d’économies.

La crise sanitaire liée au Covid-19, qui a frappé l’économie à partir de mars 2020, est passée par là pour rebattre les cartes. « Ce sont les secteurs qui en souffrent le plus, l’automobile ou l’aéronautique-défense, qui affichent clairement leurs objectifs (à près de 85 %) et qui cherchent également à acheter plus dans les pays à bas coût », résume Olivier Wajnsztok, directeur associé et fondateur d’AgileBuyer, en partenariat avec le Conseil national des achats pour son étude 2021. La mécanique-métallurgie, le transport et le tourisme sont aussi dans ce cas.

Lire le décryptage : Entre mantra politique et mirage économique, la difficile relocalisation

Reste que la relocalisation d’activités progresse tout de même fortement après les pénuries de biens intermédiaires liées à l’arrêt brutal de l’activité en Chine durant les premiers mois de 2020. Il y a un an, seulement 16 % des directions achats parlaient de relocaliser ; elles sont 30 % à l’évoquer pour 2021. Des achats plus locaux qui, pour 10 % des directions interrogées, sont un moyen de réduire les coûts. Le mouvement concernera surtout l’agroalimentaire, l’hôtellerie-restauration (43 %), l’aéronautique-défense (38 %) et la distribution (38 %).

Et pour être à la fois plus réactives et flexibles, les entreprises développent le double « sourcing » (approvisionnement) pour un même produit ou service : France-Europe d’un côté, Asie et Amérique de l’autre. Il s’agit d’intentions plus que de décisions, certes, mais 77 % des sondés envisagent de les relocaliser dans l’Hexagone (contre 59 % un an plus tôt), un pourcentage équivalent à celui des relocalisations en Europe.

Fragmentation des chaînes de valeur

On sait les relations donneurs d’ordre-fournisseurs souvent difficiles, et parfois brutales, comme dans la grande distribution. Or M. Wajnsztok souligne qu’« elles se rééquilibrent » depuis plusieurs années. Six acheteurs sur dix reconnaissent ne pas subir de relations déséquilibrées et/ou défavorables avec leurs fournisseurs en 2021, soit dix points de plus qu’en 2020. « Certains fournisseurs tyrans en situation de monopole se calment un peu, sauf dans les secteurs en tension comme la pharmacie, l’automobile et la métallurgie », nuance-t-il.

Là encore, on ne s’étonnera pas que la sécurisation des approvisionnements soit un enjeu crucial pour les entreprises, soumis aux aléas de la fragmentation des chaînes de valeur à travers le monde. Ainsi, 57 % des directions achats anticipent des difficultés de livraison avec leurs fournisseurs stratégiques. Les producteurs de consoles de jeux vidéo et de grands constructeurs automobiles subissent une pénurie de microprocesseurs, alors que les fabricants de puces privilégient les grandes marques de smartphones.

Une autre tendance se confirme, malgré un regain d’intérêt pour les économies à faire sur les achats : la « performance » achat

La gestion de ces risques revient donc au premier plan, et 81% des directions achats ont renforcé le suivi de leurs relations avec les fournisseurs durant la crise, et dans tous les secteurs. Pour quatre directions sur dix, cette démarche sera même plus importante cette année. Même si en matière de faillites de fournisseurs, l’étude relève que « les projections pour 2021 semblent moins pessimistes qu’en mai 2020 », après la première vague de Covid-19. Sauf pour l’automobile, la mode-luxe, l’informatique-télécoms et l’hôtellerie-restauration.

Une autre tendance se confirme, malgré un regain d’intérêt pour les économies à faire sur les achats : la « performance » achat, récompensée par des bonus octroyés aux acheteurs professionnels, est de moins en moins évaluée en fonction des économies réalisées. Les froids « cost-killers » de naguère ne régneraient plus en maîtres dans ce métier.

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