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La mobilisation contre la réorganisation d’EDF prend de l’ampleur

Barbara Pompili et Emmanuel Macron en visite à l’usine Framatome du Creusot (Saône-et-Loire), le 8 décembre.

Grèves à répétition, mobilisation parlementaire et manifestations : le débat sur la réorganisation d’EDF commence à monter en température… alors même que les détails du projet porté par le gouvernement ne sont pas connus. Jeudi 17 décembre, les agents d’EDF étaient appelés à la grève par l’ensemble des syndicats du groupe, après deux journées déjà très suivies par plus de 30 % des salariés cet automne. « Toutes les filières sont mobilisées, le nucléaire, l’hydraulique, même en période de confinement avec le télétravail », se félicite Philippe Page Le Mérour, secrétaire (CGT) du CCE d’EDF.

Dans le viseur des syndicats : le projet « Hercule » porté par la direction du groupe avec le soutien du gouvernement. Même si le groupe a révisé à la hausse, mercredi, son objectif d’excédent brut d’exploitation à « un montant égal ou légèrement supérieur » à 16 milliards d’euros pour 2020, sa situation financière reste très fragile. Face à cela, Emmanuel Macron plaide depuis plusieurs années pour une réorganisation en profondeur du groupe. L’objectif : permettre à EDF d’obtenir une meilleure rémunération de son électricité nucléaire. Or, les conditions fixées par la loi française et la Commission européenne pour permettre le développement de la concurrence sont jugées trop défavorables à EDF par l’Etat – par ailleurs actionnaire d’EDF à 83 %.

Réorganisation en deux entités

Pour convaincre Bruxelles d’accepter un nouveau cadre, l’exécutif et la direction de l’énergéticien plaident pour une réorganisation du groupe principalement en deux entités : d’une part, une nationalisation des activités nucléaires et, d’autre part, une filiale, ouverte à des capitaux privés minoritaires, qui regroupe les activités commerciales, du réseau Enedis et des énergies renouvelables. C’est là que le bât blesse : les syndicats et les oppositions voient dans ce schéma, en cours de négociation avec la Commission européenne, une première étape vers une « privatisation » d’une partie des activités de la société et un « démantèlement » du groupe. Mercredi, les six représentants salariés au conseil d’administration d’EDF ont voté contre le budget 2021 du groupe pour marquer leur opposition au projet.

Jean Castex a assuré que le gouvernement n’avait aucune intention « d’affaiblir » EDF mais souhaitait « l’adapter et lui donner les armes pour remplir sa mission historique »

Interrogé à l’Assemblée nationale, mardi 15 décembre, le premier ministre, Jean Castex, a assuré que le gouvernement n’avait aucune intention « d’affaiblir » EDF mais souhaitait « l’adapter et lui donner les armes pour remplir sa mission historique ». Une réponse qui n’a pas convaincu à gauche, où l’on accuse Emmanuel Macron de vouloir profiter de la crise économique pour faire passer sans discussion un projet qui apparaît technique et nébuleux pour l’opinion publique. La présidente du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Valérie Rabault, a ainsi proposé le lancement d’un référendum d’initiative partagée (RIP) pour « empêcher la sécabilité d’EDF et le maintenir dans son intégrité ».

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