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La justice russe a ordonné mardi la suspension des activités du Fonds de lutte contre la corruption (FBK), organisation phare de l’opposant à Vladimir Poutine.

Deux militantes pro-Navalny protestent contre la détention de l’opposant russe près de la chancellerie allemande, à Berlin, le 21 avril.

L’offensive finale contre le camp Navalny est engagée, et elle dépasse largement la personne de son chef de file emprisonné depuis trois mois. Lundi 26 avril, avec une hâte inattendue, la justice a ordonné la suspension des activités des « QG Navalny », le principal relais sur le terrain du combat politique d’Alexeï Navalny. Le lendemain, mardi, c’est l’autre organisation-phare du camp Navalny, le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), qui a été visée par une suspension similaire.

Ces deux décisions ont été prises sans attendre les conclusions de la justice quant à l’attribution aux « QG » (« Chtab », en russe) et au FBK du statut d’« organisations extrémistes ». Un procès en ce sens a débuté lundi, sans grand suspense quant à son résultat. La procédure est conduite à huis clos, sous le sceau du secret d’Etat. Le Parquet accuse ces structures de chercher à « créer les conditions de la déstabilisation de la situation sociale et sociopolitique » en Russie, « sous couvert de slogans libéraux ».

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Sans attendre, donc, le procureur de Moscou a ordonné la suspension immédiate de l’activité des QG Navalny, lundi, et du FBK, mardi. Selon les documents rendus publics, la justice interdit aux deux organisations de publier du contenu sur Internet, d’organiser des rassemblements, de participer à une élection ou d’utiliser des comptes bancaires.

« Ils hurlent tout simplement : nous avons peur de vos enquêtes anticorruption, nous avons peur de vos manifestations, nous avons peur de vos consignes de vote », commentait Ivan Jdanov, directeur en exil du FBK, dont le père est emprisonné dans une affaire d’attribution de logement aux allures de vendetta. S’agissant des consignes de vote, M. Jdanov fait référence à la stratégie de « vote intelligent » promue par Alexeï Navalny, qui consiste à faire battre les candidats du pouvoir dans les élections où le camp Navalny est interdit de participer.

« Trop dangereux pour nos employés »

De manière ironique, le procureur impliqué dans le dossier, Denis Popov, avait fait en novembre 2019 l’objet d’une enquête du FBK, qui l’avait accusé, entre autres, de détenir des propriétés et un hôtel au Monténégro par le biais de sa femme.

Structure spécialisée dans les enquêtes anticorruption, le FBK avait déjà été désigné « agent de l’étranger » en 2019, pour avoir reçu un don d’une dizaine d’euros d’une source mystérieuse en Espagne (les organisations du camp Navalny s’efforcent d’ordinaire de refuser tout don étranger pour ne pas donner prise à la propagande gouvernementale qui fait d’eux des ennemis de la Russie).

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