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La famille de Nathalie Debaillie, tuée par son ex-compagnon à Lille, porte plainte contre la police

A Lille, en 2020.

Près de deux ans après le meurtre de sa sœur Nathalie, le 27 mai 2019, en banlieue de Lille, Nicolas Debaillie peut s’adosser à quelques certitudes. Concernant l’identité de son bourreau, d’abord. Interpellé au surlendemain des faits, l’ex-compagnon de Nathalie a vite reconnu l’avoir fait enlever dans le parking de l’agence bancaire où elle travaillait, avec l’aide de trois hommes de main.

Une fois la victime ramenée chez lui, il lui a tranché la gorge et les poignets avec un cutter. C’est dans la baignoire que les policiers ont trouvé, quelques heures plus tard, le corps inanimé de cette mère de deux enfants. La raison de ce féminicide apparaît aussi limpide que courante dans ce genre de crime ; Nathalie Debaillie, 47 ans, avait décidé depuis plusieurs mois de quitter Jérôme Tonneau, cet homme qu’elle avait rencontré deux ans auparavant.

Lire notre enquête sur les féminicides : « Elle voulait vivre pour elle » : la rupture, premier déclencheur du passage à l’acte des féminicides

Mais, après tout ce temps, des questions taraudent toujours le frère. Comment se fait-il que les nombreuses alertes de sa sœur n’aient entraîné aucune réaction de la police ? Une femme peut-elle, en 2019, se rendre quatre fois dans le même commissariat en quatre mois, déposer trois mains courantes et une plainte, faire état de menaces de mort et de harcèlement de la part de son « ex », documents à l’appui, sans que rien ne se passe ?

« Pourquoi il n’a jamais été, ne serait-ce que convoqué ? », s’interroge Nicolas Debaillie, dans le bureau de son avocate, en cette après-midi ensoleillée de début de printemps. « Je ne suis pas animé par un sentiment de vengeance ni une volonté de couper des têtes, explique-t-il. Mais oui, il y a de la colère. On a tous besoin de comprendre. »

« Identifier et sanctionner »

« C’est parce que c’est inexplicable qu’on demande aux policiers de s’expliquer », résume MIsabelle Steyer. L’avocate, spécialiste des dossiers de violences faites aux femmes, a déposé, le 31 mars, auprès du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, une plainte visant les policiers, « afin d’identifier et de sanctionner les auteurs de cette suite de négligences et dysfonctionnements ayant permis le meurtre de Nathalie ». Me Steyer estime que l’article 8 du code de la déontologie de la police nationale n’a pas été respecté. Selon celui-ci, « le fonctionnaire est tenu, même lorsqu’il n’est pas en service, d’intervenir de sa propre initiative pour porter assistance à toute personne en danger (…) ».

Les « dysfonctionnements » dénoncés par l’avocate ont eu lieu au cours des premiers mois de 2019, jusqu’au 27 mai, jour de la mort de Nathalie Debaillie.

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