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La Chine et l’Union européenne, proches d’un accord sur les investissements

Le président du Conseil européen, Charles Michel, lors d’un sommet virtuel avec le président chinois Xi Jinping, à Bruxelles, le 14 septembre.

Négocié depuis 2013, l’accord global sur les investissements entre l’Union européenne (UE) et la Chine est en passe d’aboutir. L’objectif, côté européen, est d’ouvrir davantage le marché chinois aux investissements des entreprises de l’UE, tout en rapprochant les règles pour une concurrence plus équitable.

La dernière version de l’accord a été présentée, lundi 28 décembre, aux représentants des Etats membres et « aucun ne s’y est opposé », rapporte une source diplomatique. « Les ambassadeurs ont accueilli positivement les progrès dans les discussions. L’aval politique était clair », relate le diplomate. Une visioconférence entre Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, Charles Michel, le président du Conseil européen, et Xi Jinping, le président chinois, devrait sceller définitivement l’accord avant jeudi.

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Les dernières réticences de la France et d’un petit groupe d’Etats − dont la Belgique et les Pays-Bas − auraient donc été vaincues. Elles avaient fait patiner les discussions ces derniers jours et portaient sur le volet « développement durable » de l’accord.

Ces Etats insistaient pour que la Chine s’engage à signer des conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), notamment celle sur l’abolition du travail forcé, donnant un lointain écho à la résolution du Parlement européen du 17 décembre condamnant le système de travail forcé dont sont victimes, en Chine, les minorités ouïgoures, kazakhes et kirghizes. « Les négociations ont beaucoup progressé ces derniers jours, en particulier parce que la Chine semble maintenant prête à s’engager à ratifier les conventions fondamentales de l’OIT sur la lutte contre le travail forcé », explique-t-on dans l’entourage du ministre délégué au commerce extérieur Franck Riester.

« Mots et promesses »

Plusieurs sources confirment que la Chine a finalement accepté de s’engager à signer ces conventions internationales. Ce gage sera-t-il suffisant pour convaincre les eurodéputés, qui devront ensuite approuver le texte ? Rien n’est moins sûr.

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La crainte de Raphaël Glucksmann, eurodéputé du groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates, « c’est que la Commission et les Etats membres se contentent de mots, de promesses qui n’engagent en rien les dirigeants chinois. Va-t-on pouvoir assurer la mise en place de cet engagement ? Sera-t-il possible d’aller vérifier, sur le terrain, que les camps sont fermés, qu’il n’y a pas de travail forcé ? Il ne s’agirait pas de la première fois qu’un dictateur signe un texte international sans le respecter ». Un texte qui, toujours selon le député européen, « va accroître l’interdépendance avec la Chine, à l’heure où l’on évoque la nécessité de relocaliser les chaînes de production ».

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