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La candidature de Xavier Bertrand à l’élection présidentielle réveille à droite l’éternel débat de la primaire

Xavier Bertrand en juin 2019 à Valenciennes.

Certains se sont dits étonnés par le calendrier, d’autres jurent qu’ils n’ont été aucunement surpris par une annonce qu’ils attendaient de toute façon. Tous cependant ont commenté l’événement entre eux ou dans les médias, obligés de se positionner par rapport à lui.

En déclarant sa candidature à l’élection présidentielle dans Le Point, mercredi 24 mars, Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France, a au moins atteint un objectif : braquer les objectifs sur lui dans le but de s’imposer avant l’été comme le candidat naturel de la droite au scrutin présidentiel de 2022.

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Mais il a aussi envoyé un message clair aux dirigeants du parti Les Républicains (LR) et à ses concurrents au sein du mouvement et en dehors : pour lui, de primaire, il ne saurait être question. Ce message, il l’avait certes déjà fait passer en filigrane au gré des discussions avec les uns et les autres, mais jamais il ne l’avait exprimé avec autant de fermeté.

Prendre de court ses potentiels adversaires

Ce faisant, M. Bertrand tente de prendre de court ses potentiels adversaires et de leur imposer ses propres règles du jeu : la sélection naturelle par les sondages et les ralliements plutôt qu’un vote des militants ou des sympathisants pour désigner le champion de la droite.

« Il a raison de ne pas vouloir une primaire, juge ainsi froidement Jean-François Copé, maire de Meaux et ancien patron de LR. Comment considérer qu’on est légitime grâce uniquement au vote de 60 000 adhérents. » « Le calendrier est le bon, commente pour sa part le député de l’Oise, Eric Woerth. On ne peut pas chercher un candidat naturel et reprocher à celui qui veut s’imposer de faire campagne. »

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Les proches de M. Bertrand le répètent aussi : quel intérêt aurait leur candidat à se prêter à un jeu de qualification interne dans lequel ses chances seraient de fait réduites ? Et dont il ne maîtriserait pas les règles ?

Pourtant, il y en a encore au sein de la droite pour défendre le « départage ». C’est que les concurrents de l’ancien ministre du travail n’envisagent pas de le laisser emporter la partie aussi facilement. Il en va ainsi de Valérie Pécresse, patronne de la région Ile-de-France, de Bruno Retailleau, sénateur de Vendée, de Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, mais aussi de l’ex-commissaire européen, Michel Barnier.

« La primaire aura lieu »

Interrogé sur la question par Sud Radio jeudi matin, M. Retailleau a encore insisté sur ce qui est sa position depuis maintenant plusieurs mois : « La primaire aura lieu », a-t-il ainsi tranché sans sourciller. « Je ne sais pas si on va l’appeler la primaire, on va l’appeler la démocratie, dès lors qu’il y aura plusieurs candidats et qu’ils souhaiteront qu’il y ait un vote, pour les départager il faut bien voter », a-t-il avancé. Le patron des sénateurs LR n’a d’ailleurs pas hésité à envoyer une petite pique discrète à son camarade des Hauts-de-France : « La démocratie, c’est le vote, il ne faut pas en avoir peur c’est tout. »

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