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Judo : le retour gagnant de Teddy Riner à Doha

Teddy Riner à Doha, mercredi 13 janvier.

« J’ai envie de monter sur le tapis et d’attraper les mecs », avait lancé Teddy Riner dans une interview publiée le 12 janvier par L’Équipe, à la veille de son entrée en lice aux Masters de judo à Doha (Qatar). Affamé et affûté, le double champion olympique, qui faisait son retour sur les tatamis internationaux pour la première fois depuis février 2020, a confirmé sa soif de victoire et marqué son territoire en décrochant une médaille d’or dans cette compétition qui rassemble les meilleurs athlètes du monde dans chaque catégorie. Une rentrée idéale à plus de six mois des Jeux olympiques de Tokyo, terre du judo, où il briguera un troisième sacre consécutif.

Défait à deux reprises en 2020, Teddy Riner voulait « aller chercher les meilleurs » et se jauger. Il a été servi. Il a bien commencé sa journée en s’extirpant d’un premier tour piégeux face au médaillé de bronze des Mondiaux 2019, le Néerlandais Roy Meyer. Il a poursuivi son chemin sans embûches en écartant le jeune Géorgien Zaalishvili et le champion d’Europe russe Bashaev, sur ippon.

Pas aussi virevoltant en demi-finale comme en finale, remportée sur pénalité face à un autre Russe, Ilan Tasoev, Teddy Riner n’a jamais toutefois jamais été inquiété par ses différents adversaires. Puissant, « très fort sur la manche » quoique « poussif dans ses attaques » selon les mots de son entraîneur, Franck Chambily, au micro de La chaîne L’Equipe, le Français dispose d’une belle marge sur ses adversaires et d’axes de progression avant le grand défi qui l’attend en terre nippone.

Sa victoire lui offre des points précieux sur le circuit mondial, après être descendu au 27e rang. De quoi envisager un statut de tête de série confortable à Tokyo et s’épargner des premiers tours potentiellement dangereux.

« J’ai l’impression de rajeunir »

Ce Masters de Doha lance l’opération reconquête du double champion olympique et décuple champion du monde, chahuté comme rarement l’an passé. Le 9 février 2020, celui que l’on pensait imbattable, fort de 154 victoires consécutives, avait chuté au troisième tour du Grand Chelem de Paris face au Japonais Kokoro Kageura.

Ce séisme dans le monde du judo avait été suivi d’une réplique en octobre aux championnats de France par équipes, avec une seconde défaite face au Normand Joseph Terhec.

Peu accoutumé au parfum de la défaite, le champion français s’en est imprégné pour mieux le détester. « Il faut bien préparer les compétitions, ce que je savais faire avant mais que j’avais peut-être oublié, admet le Guadeloupéen. Rien n’arrive par hasard. Maintenant, mieux vaut que ce rappel à l’ordre ait eu lieu en 2020. »

Pour cette nouvelle année, l’heure est à la remise en cause. Confronté à une situation sportive et sanitaire inédite, à une préparation à l’étranger tombée aux oubliettes, le Guadeloupéen est « reparti de zéro » et n’a rien laissé au hasard.

Le judoka affirme « avoir bossé tous les aspects » et s’est entouré d’une nouvelle équipe de nutritionnistes et préparateurs physiques. Le résultat parle de lui-même : 26 kg perdus, 140 kg sur la balance, soit son plus « faible » poids depuis les Jeux olympiques de Londres en 2012. « J’ai l’impression de rajeunir », a confié le colosse à RMC Sport.

Le champion français et son staff ne se trompent pas d’objectifs pour autant. « Physiquement et techniquement il est à 70 % – 75 % de son potentiel maximal », a souligné Laurent Calleja, un de ses deux entraîneurs, sur RMC Sport. « J’ai envie que tout le monde comprenne que cette médaille d’or, à Tokyo, elle sera pour moi », ajoutait Teddy Riner avant sa rentrée victorieuse. Le message est passé.

Madeleine Malonga et Romane Dicko en or aussi

La fête est totale dans le camp français pour ponctuer le Masters de Doha. Dans la catégorie des moins de 78 kg, Madeleine Malonga, championne du monde et d’Europe en titre et première au classement mondial, a tenu son rang. Brillante toute la journée, elle a glané l’or en résistant en finale à la Japonaise Shori Hamada. L’unique sésame tricolore pour les Jeux olympiques dans sa catégorie lui semble promis, aux dépens de la double médaillée olympique Audrey Tcheuméo, battue d’entrée, et de Fanny-Estelle Posvite, troisième mondiale.

Même constat pour Romane Dicko dans la catégorie plus de 78 kg. La judokate de 21 ans, déjà double championne d’Europe, a réalisé une journée tout aussi probante en éliminant la Cubaine Idalys Ortiz, numéro 1 mondiale, dès son entrée en lice. Elle a disposé aisément de l’Azerbaïdjanaise Iryna Kindzerska en finale. Le judo féminin français conclut donc ce Masters avec six médailles, dont quatre médailles d’or.

Le Monde

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