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Journalistes matraqués : une nouvelle vidéo confirme la responsabilité du commissaire P.

Par Arthur Carpentier et Service vidéo du Monde

Publié aujourd’hui à 12h42

Elle dure une quinzaine de secondes et montre l’ensemble de la charge. Une vidéo obtenue par Le Monde confirme qu’un même commissaire de police a matraqué plusieurs journalistes et blessé au visage le reporter syrien Ameer Al-Halbi, au cours de la Marche des libertés du 28 novembre 2020, contre le projet de loi « sécurité globale », près de la place de la Bastille, à Paris.

Des images qui confirment l’enquête vidéo publiée par Le Monde le 11 mars 2021, grâce à l’analyse de dizaines d’heures de films.

Les images contenues dans cet article peuvent choquer.

Ce commissaire, que nous désignons par la lettre « P », dirige ce jour-là une trentaine d’agents d’une BRAV-M (brigade de répression de l’action violente motorisée). Il bénéficie également du soutien d’une quarantaine d’agents d’une compagnie d’intervention de la préfecture de police de Paris et d’une centaine d’agents d’une compagnie républicaine de sécurité.

Filmée par un étudiant depuis un échafaudage, la séquence permet de suivre la course du policier et d’établir un bilan complet de la charge. Elle met aussi en lumière des victimes supplémentaires des coups de matraque du commissaire de police.

Voici une première fois la séquence, en intégralité et à vitesse réelle.

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Images : Pablo Liot

Pour identifier et suivre le fonctionnaire de police sur ces images, il est possible de s’appuyer sur plusieurs éléments distinctifs.

Le commissaire P. porte notamment un casque de moto gris, un grand bandeau rectangulaire « Police » dans le dos et un plus petit sur la poitrine, chacun étant flanqué de son grade de commissaire, ainsi qu’un ensemble de colliers de serrage blancs sur son épaule droite. Ces éléments sont repérables sur plusieurs autres vidéos tournées le même jour, au même endroit.

Plusieurs éléments permettent d'identifier le commissaire.

En quelques secondes, la vidéo permet de distinguer dix coups portés par le commissaire. Un autre coup, porté sur un individu au sol et qui avait déjà été relevé dans notre enquête vidéo, a lieu quelques mètres plus loin et n’est pas visible sur ces images.

Revoici la séquence, stabilisée numériquement et centrée sur la course du policier.

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Images : Pablo Liot. Éditées par Le Monde

Cette vidéo permet d’observer deux coups de matraque qui n’étaient pas visibles sur les images précédemment révélées par nos recherches. Ces coups sont portés à hauteur de visage, sur deux personnes différentes, au tout début de la charge (notés « 1 » et « 2 » ci-dessous).

Les documents pédagogiques sur l’usage du bâton télescopique préconisent pourtant de ne viser la tête qu’en cas d’« absolue nécessité ». Le recours à cette arme et à la force par la police est, par ailleurs, encadré par le code pénal : « La force déployée doit être proportionnée au trouble à faire cesser et doit prendre fin lorsque celui-ci a cessé. »

Voici à nouveau la séquence, au ralenti. Chaque marqueur jaune représente un coup de bâton télescopique.

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Images : Pablo Liot. Éditées par Le Monde

Ces images permettent enfin d’éclairer le cas du journaliste syrien Ameer Al-Halbi, gravement blessé au visage ce jour-là. Notre enquête vidéo démontrait, par recoupement de différents angles de caméras, la responsabilité du commissaire « P. ».

Cette nouvelle séquence confirme la démonstration, puisqu’elle montre clairement le coup porté par le fonctionnaire de la préfecture de police de Paris sur le journaliste.

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Images : Pablo Liot. Éditées par Le Monde

Depuis la publication de l’enquête du « Monde », la préfecture de police de Paris se refuse à tout commentaire sur la charge menée par ce commissaire.

L’IGPN, chargée d’enquêter sur les causes des blessures d’Ameer Al-Halbi, a procédé à une série d’auditions.

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