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Jeu vidéo : entre suite et réédition, le retour sur le devant de la scène de « Diablo »

« Diablo II : Resurrected » bénéficie de nouveaux graphismes compatibles avec une résolution 4K. Son entêtante bande-originale est passée en surround 7.1.

N’allez surtout pas imaginer que Diablo II : Resurrected est un remake. A force d’entendre les développeurs chargés du projet répéter, vendredi 19 février, qu’il sera « fidèle à l’expérience authentique », on a bien compris qu’il fallait le considérer plutôt comme une réédition luxueuse.

Cette nouvelle version d’un titre sorti en 2000, couplée avec son extension Lord of Destruction (2001), a été officiellement annoncée pour 2021 durant la BlizzCon, la conférence annuelle de Blizzard, qui s’est tenue en ligne cette année en raison de la crise sanitaire.

Elle permettra de se replonger dans ce que d’aucuns considèrent comme le meilleur épisode de cette saga, dans laquelle le joueur élimine les démons qui infestent le monde médiéval-fantastique de Sanctuaire.

« C’est un jeu qui a une formidable postérité, mais qui n’a jamais eu de véritable successeur. On a pourtant vu des centaines de clones surnommés Diablo-like », rappelle Benoît Reinier, auteur de Diablo, genèse et rédemption d’un titan (Third Editions, 2017), également youtubeur et podcasteur sous le pseudonyme d’ExServ.

« Diablo II a formalisé un grand nombre de manières de jouer en alliant action et RPG [jeu de rôle]. Fortnite, Genshin Impact ou même Call of Duty ont intégré des mécaniques de jeu initiées par Diablo. Notamment le classement des objets collectés en fonction de leur rareté ou l’arborescence des compétences. »

Plus de vingt ans après sa sortie, le jeu a encore une communauté de joueurs et se distingue par une durée de vie rare dans l’industrie vidéoludique. « On peut s’amuser à recommencer des personnages à l’infini en essayant un grand nombre de compétences. Cela a été approfondi par les nombreuses mises à jour qui ont multiplié les possibilités. Le “vrai” jeu a d’ailleurs mis quelques années à arriver. » En effet, plusieurs patchs apparus au début des années 2000 ont permis de mieux équilibrer le jeu ou d’améliorer le système de compétences du personnage.

Initier une nouvelle génération

Cette version remastérisée sera accessible sur différents supports. On la retrouvera sur sa plate-forme originale, le PC, mais aussi sur Playstation (4 et 5), Xbox (One, Series XIS) et Switch. Il sera d’ailleurs possible de commencer une partie sur une plate-forme pour la continuer sur une autre si l’on a acheté le jeu sur les deux.

Pour Benoît Reinier, « ça sera un moyen d’y jouer dans des conditions plus confortables et de le rendre plus accessible. Pour toute une génération qui a vu ses grands frères, grandes sœurs voire ses parents y jouer, c’est un moyen de s’y mettre. »

Mais si les mécaniques de jeu, au dire des développeurs, ne devraient pas bouger d’un pouce, le jeu original va toutefois subir un lifting, afin que ses graphismes répondent mieux aux attentes des joueurs de 2021. Les indécrottables nostalgiques des graphismes pixélisés en 2D isométrique (dont l’auteur de ces lignes fait partie) pourront tout de même les réactiver en pressant une touche.

Un nouveau coffre élargi et partagé entre les différents personnages permet d’éviter de recourir à des personnages prétextes – appelés mules – pour stocker son équipement.

Des détails ont également été ajoutés pour simplifier la vie du joueur, qui raviront les vétérans et les esthètes. Par exemple, le coffre sera élargi et partageable entre plusieurs personnages pour faciliter les transferts d’objets. Autre fonctionnalité nouvelle : un mode coopération augmenté qui permettra à 8 personnes de jouer ensemble.

Une communication prudente sur « Diablo IV »

L’annonce officielle de Diablo II : Resurrected a été largement relayée par la presse spécialisée et les joueurs. Peu importe si la nouvelle avait fuité quelques jours avant la conférence et faisait l’objet d’une attention persistante depuis 2015. La présentation a même fait de l’ombre à celle consacrée au quatrième opus de la saga, dont la date de sortie reste inconnue.

A l’occasion de la BlizzCon, le studio a notamment révélé une nouvelle combattante extrêmement véloce, une « rogue » (gredin), archère déjà présente dans le premier Diablo (1997) et considérée comme la « marraine de tous les personnages basés sur la dextérité », selon l’un des développeurs du jeu, Luis Barriga. Ses attaques à base de dagues pour le corps à corps et de tirs à l’arc pour des attaques à distance ont ainsi été présentées en vidéo.

Comment expliquer que cette réédition d’un jeu vieux de plus de vingt ans ait davantage capté l’attention que les nouveautés concernant le prochain épisode ? C’est simple, selon Benoît Reinier :

« La saga a beaucoup fait rêver mais elle a ensuite déçu avec le troisième épisode. Blizzard a beaucoup à faire pour rattraper le coup et prend des pincettes pour parler de “Diablo IV”. »

Neuf ans après sa sortie, Diablo III est en effet toujours considéré comme ayant déçu : « Dès la première bande-annonce, en 2008, le jeu a fait mauvaise impression : son esthétique colorée tranchait avec l’univers “dark fantasy” des précédents. Mais le véritable divorce avec la communauté a été signé avec son lancement catastrophique », raconte Benoît Reinier.

Durant les premières semaines après sa sortie, en 2012, le jeu était difficilement accessible en raison de la saturation des serveurs de Blizzard, auxquels il fallait nécessairement se connecter pour jouer.

Et même une fois en jeu, la déception provoquée par le système d’échange d’objet dans un hôtel des ventes, qui autorisait l’achat et la vente d’objets en véritables devises, a été si grande qu’elle a détourné les joueurs du titre. « Durant deux ans, beaucoup de gens ne jouaient pas au jeu parce qu’il était bien, mais parce qu’il permettait de gagner de l’argent », explique Benoît Reinier. En 2014, Blizzard y met fin avec l’extension Reaper of Souls, mais la réputation de Diablo est durablement ternie.

« Quand j’ai sorti mon livre sur l’histoire de la saga, je me suis rendu compte qu’elle n’était plus si culte que ça pour certains fans », se souvient Benoît Reinier. « Les gens s’intéressaient plus à The Witcher. Ce que Blizzard a réussi ce week end, c’est remettre Diablo dans la tête des gens. Ils vont profiter de la rampe de lancement de la sortie de Diablo II : Resurrected pour faire des relances sur Diablo IV et, comme on dit, remettre le facteur sur le vélo. »

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