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Israël : Naftali Bennett, en lice pour prendre la place de Benyamin Nétanyahou

Le chef du parti Yamina, Naftali Bennett, à gauche, et le chef du parti Yesh Atid, Yaïr Lapid, lors d’une session spéciale de la Knesset, au cours de laquelle les législateurs israéliens élisent un nouveau président, lors du plénum de la Knesset, à Jérusalem, le 2 juin 2021.

Il a été tour à tour conseiller de Benyamin Nétanyahou puis son rival tout en restant un partenaire incontournable : le millionnaire Naftali Bennett, chef de file de la droite radicale, pourrait succéder à son mentor et devenir le premier ministre d’Israël.

Crâne dégarni, kippa discrète et anglais d’Américain, Naftali Bennett dirige la formation Yamina qui prône à la fois un ultra-libéralisme économique, une ligne dure face à l’Iran ou encore l’annexion de près des deux tiers de la Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par l’armée israélienne depuis 1967.

Longtemps, M. Bennett avait joué sur deux tableaux et laissé planer le doute sur son intention de porter, ou pas, le coup final à Benyamin Nétanyahou, au pouvoir pendant quinze ans. Son ralliement au bloc anti-Nétanyahou, une alliance détonante qui va de la gauche à son parti de droite en passant par le soutien de députés arabes, a été négocié au prix fort : le poste de chef de gouvernement en premier qui sera repris ensuite par Yaïr Lapid, le chef de l’opposition qui est parvenu à obtenir un accord des partis pour une telle coalition.

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Cinq portefeuilles ministériels

L’homme d’affaires de 49 ans, qui a fait fortune dans la tech, est entré en politique sur le tard. Mais depuis 2013, cette figure du courant « nationaliste religieux » et proche des colons, a occupé cinq portefeuilles ministériels. Le dernier, celui de la défense en 2020, l’a mené au pic de la pandémie de Covid-19 en Israël à organiser une spectaculaire mobilisation de l’armée pour gérer la crise. « Une image faite sur mesure pour un public qui cherche désespérément un remplaçant légitime à Nétanyahou », note Evan Gottesman de l’Israel Policy Forum.

Si l’accord de coalition est approuvé par le Parlement, Naftali Bennett serait le premier chef de gouvernement religieux de l’histoire de l’Etat hébreu à porter une kippa ou à observer strictement le shabbat.

Celui qu’on donnait mort politiquement il y a encore deux ans, et qui a fait un score médiocre aux dernières législatives de mars, a su manœuvrer ces dernières semaines pour s’imposer comme « faiseur de rois » dans les complexes négociations en vue de former une coalition gouvernementale.

Une ligne de droite dure

« La gauche fait des compromis loin d’être faciles, quand elle m’octroie (…) le rôle de premier ministre », a déclaré au début des négociations M. Bennett, qui a bâti l’intégralité de sa carrière politique sur une ligne de droite dure et partisane du Grand Israël.

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Fils d’immigrants américains né le 25 mars 1972 à Haïfa (nord), Naftali Bennett qui a servi dans la prestigieuse unité Sayeret Matkal, comme Benyamin Nétanyahou, s’est imposé au tournant des années 2000 comme l’un des ténors de la « start-up nation » avec son entreprise de cybersécurité Cyotta vendue pour 145 millions de dollars en 2005. L’année suivante, il fait le saut en politique pour le Likoud où il devient le bras droit de Benyamin Nétanyahou.

Deux ans plus tard, Naftali Bennett quitte le Likoud pour diriger un temps le Conseil de Yesha, principale organisation représentant les colons israéliens en Cisjordanie, qui deviendront son fonds de commerce politique, même si lui n’a jamais habité dans l’une de ces controversées implantations.

En 2012, il prend les rênes de la formation de droite Foyer Juif, qui s’est ensuite greffée à d’autres micro-partis pour former Yamina (« droite »). Le parti Yamina, connu pour son égérie, Ayelet Shaked, est aujourd’hui dirigé par Naftali Bennett. Et ce dernier a réussi à séduire une partie des colons avec des propos nationalistes musclés.

Exemple ? Le conflit avec les Palestiniens ne pouvait être réglé mais enduré comme un « éclat d’obus dans les fesses ». Ou encore : il n’y a pas d’occupation israélienne en Cisjordanie car « il n’y a jamais eu d’Etat palestinien ». Voire : les « terroristes doivent être tués pas libérés », termes lancés à l’égard de prisonniers palestiniens. Il avait par exemple promis à l’Iran un « Vietnam » si la République islamique continuait, selon lui, de s’implanter militairement en Syrie voisine.

Mais Naftali Bennett, père de quatre enfants et habitant de la ville cossue de Raanana (centre), détonne aussi au sein de son milieu de droite religieuse : les questions sur la place de la religion dans l’Etat ne sont dans ses priorités et il incarne un certain libéralisme des valeurs, notamment par exemple sur les questions LGBTQ.

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Le Monde avec AFP

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