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InnovaFeed : des larves de mouches pour nourrir les porcs

Zone de reproduction des mouches dans une des serres de l’entreprise biotechnologique InnovaFeed, spécialisée dans l’élevage d’insectes à destination de l’alimentation animale et végétale, à Nesle (Somme), le 21 avril.

Dans la Somme, au beau milieu des champs de la petite commune de Nesle, 2 300 habitants, des dizaines de millions de mouches s’agitent sans bruit dans 200 cages constituées de fins filets. Les Hermetia illucens s’accouplent et les femelles pondent chacune près de 1 000 œufs le temps de leur cycle de vie, soit en moyenne sept jours, dans l’immense serre d’InnovaFeed. Les futures larves viendront alimenter le marché mondial de l’alimentation animale.

En à peine cinq ans, InnovaFeed, petite start-up lancée par des jeunes ingénieurs au centre de recherche Génopole, à Evry, est devenue l’un des acteurs de la nutrition animale que les grands groupes de l’agroalimentaire s’arrachent. Du petit laboratoire, monté en 2016 dans l’Essonne, à la plus grande usine d’insectes au monde dans les Hauts-de-France, l’entreprise biotechnologique – 170 salariés – continue d’innover pour produire davantage de protéines issues de l’élevage d’insectes plutôt que de cultiver toujours plus de soja pour nourrir poissons et bétail.

Après l’annonce, en novembre 2020, de la signature d’un contrat avec Archer Daniels Midland (ADM), l’un des deux leaders de l’agro-industrie, visant à implanter dans l’Illinois, aux Etats-Unis, une seconde usine, InnovaFeed vient d’élargir son partenariat avec l’autre géant américain du secteur, Cargill. Depuis 2019, l’entreprise française fournissait ce dernier en farine d’insectes destinée à l’aquaculture, notamment pour nourrir les saumons. Un marché peu connu, mais massif, pour lequel InnovaFeed produit annuellement 8 000 tonnes de protéines.

« Nourrir de façon sûre, responsable et durable »

Lundi 3 mai, les deux entreprises devaient annoncer un nouveau contrat commercial pour l’utilisation dans l’alimentation des porcs d’une huile dérivée d’insectes, sans vouloir préciser son montant. C’est un contrat « très ambitieux et fondé sur le long terme », confie Clément Ray, le jeune président d’InnovaFeed. Riche en acide laurique, l’huile d’insecte contribue à améliorer la santé intestinale des porcelets, « des effets sur la prise de poids des animaux » ont été constatés, ajoute M. Ray. Le marché s’annonce gigantesque. Rien qu’en France, les consommateurs consomment l’équivalent de 23 millions de porcs par an.

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Larves d’insectes à huit jours d’élevage destinées à produire l’alimentation animale et végétale sur le site d’InnovaFeed de Nesle (Somme), le 21 avril.

D’ici à 2026, Cargill annonce que plus de 20 millions de porcelets destinés au marché européen pourront être nourris en partie par cette huile extraite des larves de mouches. « L’intérêt pour nous est de nourrir de façon sûre, responsable et durable, explique Hélène Ziv, directrice approvisionnement et gestion des risques pour l’activité Cargill Nutrition Animale. On ne va pas forcément remplacer l’actuelle huile de noyaux de palme par l’huile d’insectes, mais on est conscient des défis de l’industrie et quand on réfléchit à la croissance exponentielle de la planète et ses 9 milliards d’êtres humains en 2050, il va falloir trouver de nouvelles solutions pour nourrir les gens en limitant les impacts. »

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