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Implants contraceptifs Essure : les soudures à l’étain mises en cause

D’anciennes utilisatrices d’implants contraceptifs Essure, leur avocat Stephen Duval, le gynécologue Gilles Sournies et le PDG du laboratoire Minapath Michel Vincent, lors d’une conférence de presse le 10 février 2020, à Lyon.

Le scandale des implants contraceptifs Essure aurait sans doute pu être évité. C’est ce que suggèrent des travaux rendus publics mardi 22 décembre par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs et médecins. Commercialisés par Bayer jusqu’en 2018 aux Etats-Unis et 2017 en Europe, ces stents métalliques en forme de microressorts étaient implantés dans les tubes utérins (ou trompes de Fallope), afin de produire une contraception permanente et irréversible. Ils sont au centre d’une vive controverse, de nombreuses femmes implantées ayant déclaré des effets indésirables douloureux et invalidants.

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En effet, selon ces travaux – qui doivent être prochainement publiés dans une revue scientifique, et qui confirment de précédentes observations parues en avril dans la revue European Journal of Obstetrics and Gynecology –, la soudure à l’étain de l’implant, défaillante, serait à l’origine d’une grande part des effets secondaires observés. L’un des tests fournis en 2004 aux autorités sanitaires par la société Conceptus – rachetée en 2013 par Bayer – montrait lui-même des taux de relargage d’étain considérables. Mais ce défaut de conception de l’implant est passé sous le radar des agences du médicament, notamment en France et aux Etats-Unis, les deux pays où l’implant a été le plus posé (sur un million d’Essure implantés dans le monde, environ 200 000 l’ont été en France).

L’étain, possible coupable

Les auteurs, dont certains sont experts auprès d’associations de victimes, ont analysé les tissus prélevés sur dix-huit femmes ayant subi un retrait chirurgical, suivant une méthode originale d’anatomopathologie. Ces données s’ajoutent à celles produites par l’analyse de dix autres cas publiée précédemment. « Dans la majorité des cas, nous observons une inflammation qui ne se limite pas aux trompes, mais qui se propage jusqu’à la paroi de l’utérus », explique le docteur Michel Vincent, coauteur de ces travaux. Ainsi, pour M. Vincent, pneumologue qui a développé de nouvelles méthodes d’anatomopathologie fondées sur la microscopie électronique, « le premier enseignement de ce travail est qu’il ne faut pas se limiter au retrait des trompes de Fallope dans les procédures d’explantation, mais qu’il faut procéder à une hystérectomie [un acte chirurgical consistant à retirer l’utérus] complète ».

« Nous formons l’hypothèse que l’étain de la soudure ne provoque pas seulement des effets locaux, mais qu’il se transforme dans l’organisme en organo-étain dont on connaît les effets neurotoxiques », docteur Michel Vincent

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