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Impéra’tifs | Comment les coiffeurs se sont révélés indispensables en temps de pandémie

Par Julie Lasterade

Publié aujourd’hui à 00h37, mis à jour à 13h29

Valentine a préféré s’enfermer dans sa chambre d’enfant, pour ne pas s’exposer aux commentaires de ses parents et de ses frères. Bien droite face au miroir, elle a tracé avec un peigne une raie au milieu de sa chevelure qu’elle a arrangée de chaque côté de son visage, avant de s’installer devant son ordinateur, à l’heure convenue. De l’autre côté de l’écran, l’homme lui a demandé d’espacer son pouce de son index, pour évaluer exactement la longueur à couper.

Ensuite, toujours sur ses indications, la youtubeuse de 23 ans, spécialisée dans les vidéos sur la musique classique et l’opéra, a enfilé des ciseaux de bureau sur ses premières phalanges : « Il fallait que je les tienne bien parallèles au sol et que je coupe d’abord dans l’air, pour apprendre à maîtriser le geste. » Puis, tout doucement, la jeune femme s’est mise à tailler dans ses longs cheveux blonds. Ceux qu’elle tresse avant d’aller dormir depuis qu’elle est petite.

Consultation à distance

C’était en avril 2020, quelques semaines après le début du premier confinement. « Je m’ennuyais, j’avais envie de nouveauté alors qu’on ne pouvait plus rien expérimenter, besoin d’un peu d’adrénaline… » La consultation à distance avec Sire Doré, alias Thomas Girard, coiffeur chez Alexandre de Paris, au deuxième étage des Galeries Lafayette Haussmann, à Paris, a duré trente minutes. Valentine a eu le trac. Elle dit s’être tellement concentrée qu’elle avait « limite la langue entre les dents, comme les enfants qui apprennent à écrire ». Mais l’expérience lui a plu.

« Les cheveux font partie de l’image de soi, du peu de ce qui reste visible de notre tête et qu’on peut offrir aux autres… » Michel Messu, sociologue

« Maintenant, je peux dire qu’en 2020, je me suis coupé 5 centimètres de cheveux, ajoute-t-elle. Ça a été mon événement de l’année, une grande satisfaction. Il y a peu d’occasions d’être fière de soi quand on est cloîtrée. » Valentine a partagé sa nouvelle coupe sur Instagram… Comme beaucoup d’autres. Depuis le printemps 2020, le réseau social a enregistré plus de 72 000 posts sous le hashtag #covidhair, dédié aux inquiétudes, ratages et performances capillaires pendant la crise sanitaire.

En un an, l’équipe de social listening de L’Oréal, une unité chargée de faire de la veille sur les réseaux sociaux, a vu « exploser le flux des conversations en ligne sur le sujet », confie Alexandra Bolten Mercadier, en charge du département capillaire grand public chez le premier groupe mondial de cosmétiques, qui n’hésite pas à évoquer une « libération de la parole ».

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