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Il y a cent ans, lors du congrès de Tours, naissait le Parti communiste français

Au cours de ce congrès, du 25 au 30 décembre 1920, fut créée la Section française de l’Internationale communiste.

Le 25 décembre 1920 s’ouvrait le 18e congrès de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO, Parti socialiste), à Tours, au cours duquel la majorité des adhérents décidait d’adhérer à l’Internationale communiste (Komintern), fondée à Moscou par Lénine. Le Parti communiste français était né. Cent ans après, le PCF, qui a connu son apogée après la seconde guerre mondiale, s’est réduit comme peau de chagrin au fil des décennies malgré une bonne implantation locale.

Après avoir alimenté les rangs de la résistance, le PCF est l’un des premiers partis de France au lendemain de la guerre (800 000 encartés à la fin de 1946), quand il intègre le gouvernement du général de Gaulle à des postes-clés (fonction publique, Sécurité sociale…).

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Aujourd’hui, les élections se succèdent et le parti rouge atteint difficilement 3 % aux élections, comme aux dernières européennes quand sa liste a décroché un petit 2,5 %, pointant difficilement à la dixième place du classement des partis en lice.

La faute aux ouvriers qui préférent se tourner vers le Rassemblement national, estiment certains. La faute « au capitalisme et à la désindustrialisation du pays », qui a « massacré le monde ouvrier », affirme Guillaume Roubaud-Quashie, historien et membre de la direction du PCF. Selon lui, « l’abstentionnisme est tel qu’il est difficile de parler de vases communicants ».

« Parti révolutionnaire »

Le PCF (qui n’adoptera ce nom officiellement qu’en 1943, à la dissolution de l’Internationale communiste) est né de la scission de la SFIO à Tours en décembre 1920, quand la majorité des congressistes décident de rejoindre la IIIe Internationale, créée un an plus tôt dans le sillage de la révolution d’Octobre. Les minoritaires, emmenés par Léon Blum, optent pour la sauvegarde de « la vieille Maison ».

« Parti révolutionnaire », comme il continue de se qualifier, le PCF croit toujours en son dessein : abattre le capitalisme honni. Mais s’il refuse tout compromis avec le capitalisme, contrairement à la social-démocratie à laquelle ont fini par se rattacher les socialistes, le PCF ne s’enferre pas dans son utopie : à deux reprises, il revient au gouvernement, sous la présidence de François Mitterrand, de 1981 à 1984, puis avec Lionel Jospin, de 1997 à 2002.

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Quelques années auparavant, en 1972, les communistes avaient réussi à convaincre des socialistes réticents de signer avec eux un « programme commun de gouvernement », qui, contrairement à ce qu’ils espéraient, a finalement bénéficié au parti à la rose. Refondé par Mitterrand en 1971, le PS dépasse le PCF pour la première fois aux législatives de 1978.

Le PCF demeure résolument stalinien avec Maurice Thorez (secrétaire général de 1930 à 1964), la figure la plus emblématique de son histoire. Plus tard dévoué à Georges Marchais, personnalité charismatique, qui vantait encore en 1979 « le bilan globalement positif » du communisme à l’Est, le PCF finira par abandonner la doctrine de « la dictature du prolétariat » (1976) et reconnaître le rapport Khrouchtchev sur les crimes de Staline. « Vingt ans trop tard », se désolera Robert Hue, successeur de Georges Marchais.

50 000 adhérents

Et malgré les conquêtes sociales du Front populaire auxquelles il a grandement contribué, ou celles d’après-guerre avec la création de la Sécurité sociale par Ambroise Croizat, le PCF n’est jamais parvenu à séduire une majorité d’électeurs.

« Le PCF tire son épingle du jeu », analyse néanmoins le politologue Jean-Daniel Lévy. Il « reste très présent au niveau local, où il est bien mieux implanté que La France insoumise. Son identité perdure et il n’est pas dans une situation catastrophique », ajoute-t-il.

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Malgré la perte de plusieurs bastions aux dernières municipales (Saint-Denis notamment), le Parti communiste compte encore 620 maires dans le pays, plusieurs milliers d’élus locaux dont une centaine de conseillers départementaux, un groupe à l’Assemblée, un autre au Sénat et est à la tête d’un département, le Val-de-Marne.

Il tire aujourd’hui aussi sa force de la vitalité de ses militants (50 000 adhérents « à jour de cotisations »), pour tracter, coller des affiches, vendre L’Humanité le week-end. « Sa base électorale s’est réduite comme peau de chagrin », remarque Roger Martelli, historien du parti, mais le PCF reste « malgré tout un parti populaire », « incontestablement une force installée » dans le paysage politique français.

Le Monde avec AFP

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