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Ibis Batignolles : les salariées du nettoyage demandent leur intégration dans l’hôtel parisien

Manifestation des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, à Paris, le 17 octobre 2019.

« Dix-sept mois sans dialogue, ce n’est pas tout à fait normal ! ». Au dix-septième mois de leur lutte pour faire reconnaître leurs droits, la révolte de Sylvie Kamissa, femme de chambre à l’hôtel Ibis Batignolles de Paris, et de dix-neuf de ses collègues ne faiblit pas. Malgré le jugement défavorable du conseil de prud’hommes de Paris, notifié le 26 novembre – dont elles ont fait appel –, qui ne reconnaît pas l’existence d’un prêt de main-d’œuvre illicite entre STN, le sous-traitant du nettoyage qui les emploie, et l’exploitant de l’hôtel, les employées enclenchent, ce 16 décembre, une nouvelle action judiciaire, avec le soutien syndical et financier de la CGT des hôtels de prestige et économiques (CGT-HPE).

Devant le conseil de prud’hommes de Paris, elles assignent, cette fois, le groupe Accor, dont fait partie la société Paris Clichy qui exploite cet hôtel, afin de faire reconnaître la qualité de coemployeur du groupe aux côtés de STN, ainsi que de l’hôtel. L’espoir est que l’implication d’Accor, qui n’était pas partie à la précédente procédure, « fasse bouger les choses », souligne Mme Kamissa.

« On demande l’internalisation de nos emplois, et si ce n’est pas possible, qu’on améliore nos conditions de travail », revendiquent ces personnels, actuellement placés en activité partielle. Pour Claude Lévy, responsable du syndicat CGT-HPE, le nettoyage dans un hôtel doit être intégré car il fait partie de « son cœur de métier. On ne peut pas louer des chambres sales à des clients ». Pour lui, l’externaliser, c’est pratiquer du dumping social qui, finalement, pèsera sur les conditions de travail des employées, contraintes d’accélérer les cadences, privées d’avantages que possèdent les salariés en propre de l’hôtel, comme la prime de panier ou de nettoyage des tenues à l’Ibis Batignolles.

« Demande d’égalité de traitement »

Avec cette nouvelle procédure, appuyée sur une revendication autour de l’égalité de traitement entre salariés de l’hôtel et ceux de STN, est pointée la discrimination dont ces employées estiment être victimes. L’externalisation se traduit par un traitement désavantageux de salariées « particulièrement vulnérables, ici des femmes d’origine africaine », observe Slim Ben Achour, leur avocat, spécialiste des questions de discrimination au travail.

« Notre objectif, ajoute-t-il, est de dénoncer la sous-traitance de la discrimination raciale et sexuelle mise en place par Accor en matérialisant cette demande d’égalité de traitement par la reconnaissance d’un contrat de travail » avec l’hôtel. La plainte souligne que le contrat de prestation est renouvelé chaque année entre STN et Paris Clichy, et que les obligations consistent « principalement à respecter le contrat-cadre signé entre Accor et STN ».

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