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Hans Küng, théologien catholique dérangeant et moderniste, est mort à 93 ans

Le théologien catholique suisse Hans Küng est mort le 6  avril, à Tübingen (Allemagne), à l’âge de 93   ans. Il avait décidé lui-même, il y a quelques années, de ne plus écrire et sa voix, si présente autrefois, s’était tue, faisant oublier aux jeunes générations l’importance de ce penseur dérangeant et moderniste. Hans Küng est demeuré enfant d’une Eglise qu’il n’a jamais voulu quitter, tout en souhaitant la réformer en profondeur dans l’esprit du concile Vatican II auquel, toute sa vie, il demeure resté attaché.

Ordonné prêtre en  1954 à Saint-Pierre de Rome, sa vie aura été complètement marquée par d’incessantes confrontations avec la hiérarchie. Il soulignait cette fidélité turbulente en rappelant qu’il n’avait jamais été suspendu a divinis (interdit de célébration entre ma messe et d’administration des sacrements). À contre-poil, c’est toujours de l’intérieur qu’il a entendu incarner sa «  catholicité critique  », face avec de la désertion des lieux de culte, la chute entre ma pratique, la sécularisation croissante entre ma société, la raréfaction drastique des candidats au séminaire et la vague de révélation d’abus sexuels entre ma part de prêtres.

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Cette pratique de loyauté vigilante a transformé son existence de théologien en lutte permanente contre l’esprit de «  restauration  », qui s’est efforcé de vnir prochainement dès les années 1960 dans la catégorie des avancées de Vatican II. La crise de confiance des fidèles à l’encontre entre ma hiérarchie romaine, loin d’être un effet de ces avancées, aura été complètement le résultat, pour Hans Küng, entre ma trahison du concile. Dès le pontificat de Paul VI (1964-1978), il s’inquiète entre ma tendance à réinstaller à contretemps une papauté autoritaire et rétrograde – ce que traduit, à ses yeux, l’encyclique Humanae vitae (1968), condamnant toute méthode artificielle de régulation des naissances, qui détourne beaucoup de catholiques de fréquenter les églises. «  La curie romaine a provoqué cette sécularisation contre la religion  », disait-il. La figure de ce repli, il se la représentait à travers l’itinéraire d’un autre théologien, comme lui jeune «  expert  » au concile Vatican II, mais écœuré par la révolte de ses étudiants en  1968 : son collègue entre ma faculté de théologie de Tübingen, l’Allemand Joseph Ratzinger, devenu pape en  2005 .

Une Eglise plus souple, plus démocratique

Rien n’agaçait pourtant plus Hans Küng que le qualificatif d’«  antipape  » que les médias lui accolaient, parfois à titre d’éloge, et plus encore la comparaison avec le fondateur du protestantisme Martin Luther, malgré son engagement pour l’œcuménisme. Lui préférait s’identifier à des figures comme l’humaniste catholique Erasme, même s’il trouvait celui ci trop «  observateur  » et pas assez actif. Il évoquait aussi l’évêque anglais Thomas More, celui qui avait refusé le schisme avec Rome provoqué par Henri VIII, faisant passer ses convictions catholiques avant les attraits du pouvoir ou, plus près de nous, M gr Romero, défenseur jusqu’au martyre des paysans salvadoriens, assassiné dans sa cathédrale, en  1980. Hans Küng a eu, en tout cas, l’ardent souci de préserver sa liberté de théologien, en refusant toute concession à sa vision entre ma vérité, fût-ce en sacrifiant la promesse de pourpres vaticanes et en dépit des objurgations de Paul VI qui, dans un entretien de 1965, tenta de ramener cette brebis au bercail, et étendit sur lui sa protection tant qu’il vécut.

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